La cour d’appel de Paris examine lundi l’un des recours déposés par Nicolas Sarkozy dans l’affaire de « corruption » et de « trafic d’influence » à la Cour de cassation révélée par des écoutes téléphoniques qui lui a valu en mars d’être renvoyé devant le tribunal correctionnel.

L’affaire dite « des écoutes » de Nicolas Sarkozy fait toujours l’objet d’une âpre bataille judiciaire. Alors que le principal intéressé a été renvoyé pour corruption et trafic d’influence devant un tribunal par les juges d’instruction (la date n’a pas encore été fixée), ses avocats font tout pour retarder l’échéance. Un nouvel épisode se tient lundi devant la chambre de l’instruction à Paris.

Demande d’annulation du réquisitoire du PNF. Cette audience, extrêmement technique, se tiendra à huis-clos. Son enjeu est essentiel pour Nicolas Sarkozy, car ses avocats vont demander l’annulation du réquisitoire du parquet national financier (PNF) qui avait comparé les pratiques de l’ancien chef de l’État dans ce dossier à celles d’un délinquant chevronné. Une référence aux téléphones portables acquis sous une fausse identité par Nicolas Sarkozy, sous le nom d’emprunt de Paul Bismuth. L’ancien président espérait en effet discuter en toute discrétion avec son avocat Thierry Herzog de la manière dont il pourrait demander une faveur à un haut magistrat dans un autre dossier.

Tous les recours possibles. Lundi, les défenseurs de Nicolas Sarkozy vont s’appuyer sur une décision de la Cour européenne des Droits de l’Homme pour demander que les conversations incriminées ne puissent plus figurer au dossier. Cette guérilla judiciaire en appelle d’autres, puisque les avocats vont aussi contester la décision des juges de renvoyer Nicolas Sarkozy devant un tribunal. De quoi alimenter l’agacement des magistrats qui dénoncent une volonté de paralyser la justice.