Un feu de forêt visible depuis la station spatiale internationale menace une ville touristique du sud du Portugal, dans une péninsule ibérique durement touchée par la canicule.

Les bombardiers d’eau et une noria d’hélicoptères qui se ravitaillent dans les piscines luttent avec plus d’un millier d’hommes au sol contre un incendie qui s’approchait dangereusement ce mardi de la petite ville touristique de Monchique, dans les montagnes de l’Algarve, dans le sud du Portugal. La cité, située à 164 km au sud de Lisbonne, abrite quelque 6 000 âmes.

La fumée de l’incendie est visible sur une photo tweetée par l’astronaute allemand Alexander Gerst à bord de la Station spatiale internationale.

De nouveaux vents violents sont attendus et risquent d’attiser le brasier. Le sinistre, qui s’est déclaré vendredi, a fait 30 blessés, dont un grave, selon le dernier bilan de la protection civile. Dans la nuit de lundi à mardi, quelque 250 personnes ont été évacuées de villages voisins tandis que les flammes, qui ont déjà ravagé plus de 15.000 hectares de forêt, passaient à 500 mètres d’une caserne de pompiers.

Un pays traumatisé

Après avoir annoncé que 95% du périmètre de l’incendie était «sous contrôle», les autorités ont reconnu lundi soir que la situation s’était aggravée en raison des conditions météorologiques. «On assiste à de fortes réactivations dans tout le périmètre, favorisées par l’intensité du vent, qui prennent immédiatement de grandes proportions», explique l’Autorité nationale de la protection civile (ANPC) sur son site internet.

Le Portugal, encore traumatisé par deux vagues d’incendies qui avaient fait 114 morts l’an dernier, fait tout pour éviter une répétition de cette tragédie. Un millier de pompiers, une centaine de soldats, plus de 340 véhicules, 16 aéronefs sont engagées à Monchique, «des effectifs sans précédent dans ce genre d’opération», a souligné le ministre de l’Intérieur Eduardo Cabrito lors d’une conférence de presse.

Des températures proches de 47°C dans la péninsule

Mais malgré ces importants moyens, le feu continue de «détruire des habitations» et de menacer un «périmètre urbain», déplore l’Association nationale des pompiers professionnels (ANPB) et le syndicat des pompiers professionnels (SNPB) dans un communiqué commun. Les pompiers ont demandé à rapidement rencontrer le ministre de l’Intérieur afin de lui demander «s’il n’y a pas des failles techniques et opérationnelles».

Les pompiers sont aussi en première ligne en Espagne où un feu a déjà ravagé près de 1 500 hectares dans la région de Valence (est), obligeant à évacuer 2 500 personnes dans la nuit de lundi à mardi. L’ensemble de la péninsule ibérique a frôlé ce week-end son record absolu de température, quand le thermomètre a atteint 46,6 degrés Celsius à El Granado, une commune d’Andalousie proche du Portugal, selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM), basée à Genève.

Le bilan de la canicule en Espagne s’est alourdi à neuf morts en une semaine, ont annoncé mardi les autorités, après l’autopsie du corps d’un sexagénaire ayant succombé aux fortes chaleurs dans le Sud-Ouest.