Peu d’Allemands en ont déjà eu en main, et peu de commerçants l’acceptent. Pourtant, la disparition programmée du billet de 500 euros fait débat en Allemagne, où ces billets seront émis jusqu’au 26 avril. Certains y voient le début de la fin du liquide.

La scène pourrait sembler insolite ailleurs. En Allemagne, elle est presque courante : déposer sur le bureau du concessionnaire un paquet de billets de 500 euros, pour acheter sa dernière Daimler ou BMW. L’Allemagne est le pays d’Europe qui compte le plus de transactions en liquide. Il y a quelques années encore, la plupart des commerçants n’acceptaient pas le paiement électronique à cause des frais plus élevés de la transaction.

Les jeunes utilisent plus le paiement électronique

« C’est effectivement un phénomène allemand que beaucoup de citoyens sont toujours très attachés à l’argent liquide pour effectuer leurs achats, par exemple dans l’automobile, ou pour les gros achats en électronique, rappelle Günter Patz, vice-président de la fédération de la distribution HBB. Pour l’alimentaire, on doit en être à 30% à 40% seulement d’achats par carte bancaire. Pour les articles plus coûteux, comme l’électronique ou la mode, c’est entre-temps plus, avec 75% à 80% de paiement par carte. »

Les choses changent en effet lentement. Les jeunes notamment utilisent de plus en plus souvent la carte pour effectuer leurs achats. Le patron de la Deutsche Bank prévoit même la disparition pure et simple du liquide d’ici 10 ans.

Une vision encore inimaginable pour les Allemands : 8% seulement sont favorables à la disparition de pièces et de billets. En moyenne, un Allemand a toujours 103 euros en liquide en poche, contre 32% pour les Français.