Depuis presque une semaine, les manifestations dégénèrent en affrontements entre les indépendantistes et les forces de l’ordre.

Des milliers d’indépendantistes manifestaient dans une ambiance tendue samedi soir à Barcelone, qui craignait de nouvelles violences au lendemain d’affrontements ayant fait plus de 180 blessés dans la région, tandis qu’aucune issue politique ne semblait en vue.

300 personnes interpellées depuis lundi

« Les forces d’occupation dehors », scandait la foule, en référence à la police encerclant la zone avec de nombreux agents et fourgons. « Nous sommes des gens de paix », criaient les manifestants rassemblés de nouveau sur la place, épicentre des violences de la veille, à l’appel de la gauche radicale indépendantiste et d’autres collectifs. Ils dénoncent la « répression » des forces de l’ordre.

Environ 300 personnes ont été interpellées en Catalogne depuis lundi, selon le ministère de l’Intérieur.

Les manifestations ont été déclenchées par la condamnation à de lourdes peines de prison de neuf dirigeants indépendantistes pour leur rôle dans la tentative de sécession de 2017.

Le président catalan séparatiste Quim Torra a exigé des « négociations sans conditions » avec Madrid, c’est-à-dire sans exclure la possibilité de discuter d’un référendum d’autodétermination. Il s’est aussitôt vu opposer une fin de non-recevoir par le gouvernement central, qui lui a demandé de « condamner fermement la violence » et de reconnaître les Catalans opposés à la sécession.

« Que cette manifestation se déroule de manière civique, pacifique »

Après cinq jours de violences, qui ont fait au total près de 600 blessés dans la région, Barcelone redoute de revivre le chaos des nuits précédentes, marquées par des scènes de guérilla urbaine et de durs affrontements entre agents anti-émeutes et radicaux au visage masqué lançant pierres, objets métalliques et élevant des barricades enflammées avec du mobilier urbain.

La police a utilisé des balles de caoutchouc, du gaz lacrymogènes et un canon à eau pour les disperser. « J’appelle à ce que cette manifestation se déroule de manière civique, pacifique », a déclaré le responsable régional de l’Intérieur, l’indépendantiste Miquel Buch.

À moins d’un mois des élections législatives du 10 novembre, ces violences mettent sous pression le gouvernement socialiste de Pedro Sanchez, qui a dépêché son ministre de l’Intérieur à Barcelone et est vivement critiqué par l’opposition de droite.