François Bayrou estime qu’Emmanuel Macron doit retrouver « l’élan du projet initial », à l’heure où les Français « ne voient plus bien où conduisent les réformes ».

« Quel naïf pouvait croire que les choses seraient faciles? » Dans une interview au Figaro vendredi, François Bayrou revient sur l’été compliqué d’Emmanuel Macron. « Les Français ne voient plus bien où conduisent les réformes qui sont successivement proposées », juge l’éphémère garde des Sceaux. « Il ne s’agit pas de traiter des dossiers les uns après les autres, mais de construire une société et de retrouver un pays », explique-t-il. Selon le président du MoDem, un seul domaine échappe à ce constat : « la politique de l’éducation nationale ». « Là, on voit où l’on va, et les Français adhèrent », explique le maire de Pau.

« Mais dans le nombre de ces réformes, la responsabilité précise du président de la République est de donner une ligne directrice, de dire ce qui relie les décisions qui sont prises, d’expliquer le fil conducteur. »

François Bayrou, qui avait apporté son soutien à Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle, revient également sur l’affaire Benalla. « Emmanuel Macron est arrivé au pouvoir avec des équipes qui n’avaient pas l’expérience de grandes responsabilités exécutives et sans l’organisation rodée à ce type de responsabilités », estime-t-il. « Un jeune homme de 26 ans [Alexandre Benalla, NDLR], nimbé de l’aura de l’Élysée, a cru qu’il pouvait se moquer des règles et des usages. Les glissières de sécurité que doit comporter tout pouvoir n’ont pas fonctionné. »

Bayrou « n’approuve pas » les « attaques » contre le Sénat

« C’est la raison pour laquelle je défends un Parlement de plein exercice, respecté, mieux équilibré qui exerce sa mission de contrôle vis-à-vis de l’exécutif. Il fait son travail, c’est pourquoi je n’approuve pas par exemple les attaques contre le Sénat », poursuit le président du MoDem, partenaire de La République en marche au sein de la majorité. La tension règne entre l’exécutif et la Haute assemblée, dont la Commission d’enquête a repris cette semaine ses auditions dans l’affaire Benalla. Le principal intéressé, ainsi que l’ancien salarié de LREM, Vincent Crase, seront auditionnés le 19 septembre.

Alexandre Benalla a notamment qualifié de « petit marquis » le président de la Commission des Lois du Sénat, Philippe Bas (LR), et Emmanuel Macron a appelé mardi le président du Sénat Gérard Larcher pour lui demander de garantir les équilibres institutionnels, estimant en substance que la commission sénatoriale sur l’affaire Benalla s’en éloignait, selon le site de l’Obs.