A moins de trois mois de la daté prévue du Brexit, les différentes parties semblent se crisper. Et la perspective d’un accord s’éloigne…

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a appelé la Grande-Bretagne à « se reprendre » sur la question du Brexit, rejetant les accusations d’un agenda caché de l’Union européenne sur un maintien du Royaume-Uni dans l’UE.

« Je trouve déraisonnable qu’une partie de l’opinion publique en Grande-Bretagne semble penser qu’il est entièrement du devoir de l’UE de trouver une solution à tous les problèmes futurs de ce pays », a déclaré Jean-Claude Juncker au journal allemand Welt am Sonntag. « Je (vous) demande: reprenez-vous et dites-nous ce que vous voulez. Nos propositions sont sur la table (des négociations) depuis des mois », a-t-il indiqué.

Il y en a certains qui « insinuent que notre objectif est de garder par tous les moyens la Grande-Bretagne au sein de l’UE. Mais ce n’est pas là notre intention », a poursuivi M. Juncker. « Nous voulons seulement clarifier l’avenir de notre relation et nous respectons le résultat du référendum », a-t-il souligné.

Un accord qui n’arrange personne ?

A moins de cent jours du Brexit, le Parlement britannique est en pleine pause pour les fêtes de fin d’année et n’est toujours pas parvenu à valider un accord de sortie de l’Union européenne. La Première ministre conservatrice Theresa May devrait tenter en janvier de faire voter par le Parlement l’accord négocié avec Bruxelles mais rien ne dit qu’elle y parviendra compte tenu des divisions au sein de son propre camp.

Aucune majorité ne semble se dessiner en faveur du texte. L’accord déçoit autant les plus fervents « Brexiters », qui craignent un amarrage permanent du Royaume-Uni à l’UE, que les europhiles espérant encore pouvoir faire marche arrière.

Un premier vote prévu le 11 décembre avait été annulé à la dernière minute par Theresa May pour éviter une défaite annoncée. Il a été repoussé à la troisième semaine de janvier.

Le parti travailliste, principale force d’opposition, a accusé Theresa May de « jouer la montre », afin de forcer les élus à voter pour l’accord négocié, plutôt que de prendre le risque que le Royaume-Uni quitte l’UE sans accord. « J’ai l’impression que la majorité des parlementaires britanniques se méfient autant de l’UE que de Mme May », a affirmé M. Juncker.