Les trois hommes, dont les corps ont été retrouvés dans le centre de la Centrafrique, ont été abattus par des «ravisseurs enturbannés».

Le mystère reste entier après l’assassinat en Centrafrique de trois journalistes russes, dont les corps étaient découverts mardi. Ils auraient été enlevés dans la nuit de lundi à mardi par neuf «ravisseurs enturbannés», selon le gouvernement de la République centrafricaine qui a ouvert une enquête tout comme les autorités russes.

Le reporter Orkhan Djemal, le documentariste Alexandre Rastorgouïev et le caméraman Kirill Radtchenko travaillaient sur place pour le compte du Centre de gestion des investigations de l’opposant russe Mikhaïl Khodorkovski. Les trois hommes et leur chauffeur avaient quitté Kaga Bandoro dans le nord du pays pour rencontrer un représentant des Nations unies avec quelques milliers de dollars en cash dans la poche et du matériel professionnel. Ils faisaient route de nuit vers Sibut, située à 300 km de Bangui, la capitale, dans une zone dangereuse lorsqu’ils ont été attaqués à un barrage puis tués par balles par un groupe non identifié.

Le «silence» des médias russes

Le trio a-t-il été imprudent? «Le meurtre des journalistes par des coupeurs de route appartenant à un groupe armé» est «une hypothèse très plausible», a estimé M. Kazagui, le porte-parole du gouvernement centrafricain. «Ils ont pris des risques très peu calculés et à mon sens démesurés», a-t-il ajouté. «Il n’y a pas de traces de torture» a déclaré la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères Maria Zakharova. Une photo de leur véhicule après l’attaque a été rapidement postée sur les réseaux sociaux.

Connus pour leur indépendance, les journalistes qui avaient couvert de nombreux conflits enquêtaient, semble-t-il, sur la présence d’instructeurs militaires russes en Centrafrique et sur des possibles activités dans le pays de l’entreprise privée de mercenaires russes Wagner, connue pour ses interventions en Syrie.

L’homme d’affaires Mikhaïl Khodorkovski s’interroge sur son compte Twitter sur le «silence» des médias russes. Les tensions politiques et sociales en Centrafrique se sont aggravées depuis 2013, lorsque le chef de l’État François Bozizé a été renversé par les combattants du groupe islamiste Seleka et que le pays a basculé dans la guerre civile.