La sécurité sera accrue à Paris et dans plusieurs grandes villes pour la Saint-Sylvestre.

Les festivités du réveillon se dérouleront sous haute surveillance policière. Systématiquement, la Saint-Sylvestre est synonyme de plusieurs centaines de voitures brûlées et d’arrestations. Et les forces de l’ordre sont sur le qui-vive dans un contexte de menace terroriste. Avec une inquiétude supplémentaire cette année. Des «gilets jaunes» se mêleront aux nombreux flâneurs et touristes qui viennent célébrer la nouvelle année à Paris et dans le cœur historique des villes de France. Les effectifs de sécurité y seront renforcés. À Bordeaux, les «gilets jaunes» ont prévu de tirer un feu d’artifice à minuit depuis le pont d’Aquitaine, où ils veulent se retrouver dans la «bonne humeur». Ils se sont donné rendez-vous place Masséna à Nice mais aussi à leur habituel rond-point de Saint-Isidore, près de l’autoroute A8.

À Paris, un périmètre de protection sera instauré autour des Champs-Élysées et de la place de l’Étoile avec interdiction d’y amener alcools et engins pyrotechniques. Ce devrait être l’un des principaux points de ralliement des «gilets jaunes» qui ont créé sur Facebook un événement «Acte 8 sur les Champs-Élysées» rassemblant pas moins de 61.000 personnes «intéressées». «Les Champs-Élysées sont devenus un symbole de la rencontre entre “gilets jaunes” de toute la France. C’est pour cela que nous invitons tous les “gilets jaunes” voulant continuer la lutte pacifiquement et de façon festive à venir sur les Champs-Élysées. […] L’année 2019, nous en sommes sûrs, sera riche de changements et de victoires», expliquent les organisateurs de l’événement.

«Trêve des confiseurs»

Difficile de dire qui descendra réellement dans la rue pour autant. Samedi 29 décembre pour l’«acte 7», la mobilisation était en forte baisse, rassemblant 12.000 personnes selon les chiffres du gouvernement, contre 38.600 le 22 décembre et 282.000 pour la première journée le 17 novembre. «C’est normal. C’est la trêve des confiseurs», explique Yves Garrec, artisan à Toulouse et membre des «gilets jaunes» de la première heure. «Aller dans le centre-ville et emmerder les commerçants, ce n’est pas mon truc. Les manifestations ont permis de faire connaître le mouvement. Il y aura encore des actes 8, 9, 10, etc. Mais il nous faut passer désormais à une action plus politique», estime-t-il.

Avec son groupe «vox populi», il a envoyé un «manifeste de 32 pages de propositions» aux députés et aux représentants du débat national qui doit débuter mi-janvier. Le 31 décembre, il boira donc du champagne chez lui, à la différence de Benjamin Cauchy, membre des «gilets jaunes libres» qui réveillonnera sur un rond-point de Lens (Pas-de-Calais). «Les gens ne sont pas du tout satisfaits par les mesures annoncées par Emmanuel Macron», explique-t-il. Le fait que ce dernier soit allé passer ses vacances à Saint-Tropez «va les remonter dans leur colère», croit-il, affirmant que les «“gilets jaunes” ne parlent que de ça sur les ronds points. Quelle erreur! Quel mépris!».

Dans sa région, beaucoup ont prévu de réveillonner sur les ronds-points, comme pour le 24 décembre: «Ils se cotisent. L’un amène une bourriche d’huîtres, l’autre du foie gras, le troisième des bouteilles de vin.» Ce mouvement «a permis de recréer du lien social. Les gens ont envie de rester ensemble et de festoyer amicalement…». Il n’est pas étonnant, selon lui, que le mouvement s’étiole en cette période de fêtes: «Il reprendra bien plus fort en janvier. Surtout quand les gens vont se rendre compte qu’ils n’ont pas grand-chose de plus sur leur fiche de paye.» Les «gilets jaunes» prévoient notamment une journée de manifestation le 12 janvier, juste avant le débat national.