Image result for Ces policiers police judiciaire spécialisés dans la traque des truands

Depuis 2003, la Brigade nationale de recherche des fugitifs (BNRF) a pour mission de retrouver les fugitifs les plus dangereux. Ces policiers suivent en ce moment la trace de Redoine Faïd après son évasion spectaculaire de la prison de Réau.

Alors que la traque de Redoine Faïd se poursuit, un service de police est en première ligne pour le retrouver: la Brigade nationale de recherche des fugitifs (BNRF), composée d’une vingtaine de policiers chevronnés. Déjà en 2013, elle traquait Redoine Faïd qui s’était échappé de prison une première fois avant d’être «cueilli» en pleine nuit par une soixantaine de policiers au terme de six semaines de cavale.

Basée à Nanterre, cette brigade, rattachée à l’Office central de lutte contre la criminalité organisée (OCLCO) de la police judiciaire, a été créée en 2003, à l’occasion de l’interminable traque d’Yvan Colonna. «C’est l’un des services les plus demandés mais il nécessite des profils d’investigation. Je n’ai pas besoin de gros bras mais de fouineurs», expliquait fin 2016 dans 20 Minutes Christophe Foissey, l’actuel chef de la brigade, qui a inspiré une série télévisée diffusée sur France 2 en 2013, baptisée «Les limiers».

Chasser des «fantômes»

Leurs cibles?Les «gros poissons» visés par des mandats d’arrêts, les condamnés à de lourdes peines volatilisés dans la nature, ceux qui se sont fait la belle pendant leur garde à vue ou encore les évadés de prison. Ils ont par exemple travaillé sur l’arrestation du détenu fiché S pour radicalisation religieuse, Anthony Pondaven, qui avait profité d’un transfert médical en mai dernier pour s’échapper. Il a été retrouvé en Espagne une quinzaine de jours plus tard. La plupart des fugitifs recherchés sont issus du grand banditisme. «On fait un focus particulier sur les règlements de compte marseillais et on traite aussi des dossiers de meurtre ou de viol», commentait Christophe Foissey toujours dans 20 Minutes. Dans leurs tablettes, figure par exemple Xavier Dupont de Ligonnès, soupçonné d’avoir assassiné toute sa famille et qui reste à ce jour introuvable. Le service, épaulé par d’autres services de police et de gendarmerie, traite au total de manière continue entre 15 et 20 dossiers par an, selon Christophe Foissey.

Réputés patients et jusqu’auboutistes, ces fins limiers peuvent passer des années à traquer les truands de haut vol en guettant le moindre faux pas de leur part. «Je chasse des fantômes, des gens dont le seul but dans la vie est d’être transparents. Nous nous collons à eux comme leur ombre et on ne les lâche plus», racontait à France 2 Bruno Le Boursicaud, numéro 2 du service. «N’importe quel petit changement dans la routine de ses proches sera étudié avec minutie», ajoutait-il. «Je me souviens par exemple de la femme d’un fugitif. Elle avait une vie tranquille, consacrée à ses enfants, mais un jour, alors que nous n’avions rien depuis des mois, on apprend qu’elle a pris rendez-vous chez l’esthéticienne pour une épilation maillot, et là on se dit, ‘toi ma cocotte, tu as un rendez-vous galant!’ Bingo! C’est ainsi que l’on a retrouvé notre cible!»

Mises sur écoute, filatures, sonorisation, recours à des IMSI-catcher, des appareils qui permettent d’intercepter des communications … À chaque fois, les policiers examinent les différents points de chute des fugitifs, sondent leur entourage, tracent les données bancaires et téléphoniques, les fichiers des administrations, les cartes de fidélités, etc. «Ils tirent tous les fils pour retrouver l’individu», glisse une source policière. Les profils les plus difficiles à «ferrer» sont «les pures solitaires» qui s’exonèrent de toute aide technique pour communiquer avec l’extérieur. «C’était notamment le cas de Redoine Faïd, qui lors de sa première cavale, ne communiquait que par personnes interposées», se souvient la même source. «Dans ces cas-là, ils savent qu’ils vont devoir ratisser large dans l’environnement de l’individu et passer beaucoup de temps dehors», ajoute-t-elle.

Les policiers peuvent aussi compter sur les indics, qui pourraient, en échange d’une précieuse information, obtenir d’intéressantes contreparties (réduction de peine, etc). Pour optimiser leur chance de réussite, «les enquêteurs examinent aussi de près la personnalité du fugitif pour connaître ses points faibles», reprend la source policière. «Il y a ceux qui ne supportent plus d’être loin de leur famille et qui finissent par craquer ou d’autres qui ont des plaisirs dont ils ne peuvent pas se passer», ajoute-t-elle.

Généralement, la patience des policiers finit par payer. Parmi les plus célèbres fugitifs coincés par la BNRF, on compte Cesare Battisti, l’ex-militant d’extrême gauche, retrouvé en mars 2007 à Rio au Brésil, après trois années de vie clandestine. Il y a aussi Jean-Pierre Treiber, soupçonné d’avoir assassiné Katia Lherbier et Géraldine Giraud, qui avait été arrêté après deux mois et demi de cavale. Les policiers avaient pris en filature un de ses amis. Plus récemment, le parrain marseillais Gérald Gampanella, fiché au grand banditisme, a été interpellé en novembre dernier. Il suffit d’une erreur pour tomber. Par exemple, Cesare Battisti avait pris toutes les précautions mais il s’est fait repérer, selon Le Monde, en appelant sur son téléphone portable l’un de ses soutiens parisiens sous un faux nom.