La rémunération de l’ex ministre fait polémique chez les « gilets jaunes ». Mais elle n’est pas liée au fait qu’elle s’occupera du débat voulu par Macron.

« Ca ne dépend pas de moi et ça n’est pas lié à cette mission ». Voilà comment Chantal Jouanno a répondu aux attaques qu’elle a subies sur les réseaux sociaux après la publication d’un article dans le journal spécialisé « La Lettre A » intitulé « Débat national: le salaire pas très ‘gilet jaune’ de Chantal Jouanno à la CNDP ».

De fait, la rémunération de 176 518 euros prévue en 2019, soit 14.710 euros brut mensuel, est mal passée auprès des « gilets jaunes », alors que l’ex ministre des sports de Nicolas Sarkozy doit piloter le « grand débat national » voulu par Emmanuel Macron après les manifestations des « gilets jaunes ».

Chacun se fera son avis sur l’importance de la rémunération de Chantal Jouanno. Contrairement à ce que plusieurs internautes et responsables politiques ont relayé, il est en revanche faux de dire qu’elle touchera cette somme pour piloter le grand débat national.

Sa rémunération totale en tant que présidente de la Commission nationale du débat public (CNDP) a en effet été validée bien avant qu’Emmanuel Macron n’évoque le grand débat public, lors du vote de la loi de finances 2019. Elle aurait donc touché exactement le même montant s’il n’y avait pas eu de grand débat national.

« A la limite, si les gens veulent faire une proposition pour réviser ce salaire, ils en sont totalement libres » a précisé Chantal Jouanno à Franceinfo:

En revanche, il est vrai que le salaire de la présidente de la CNDP a bien été augmenté entre 2018 et 2019, de près de 4100 euros par an. Et l’augmentation a été bien plus importante entre 2017 et 2018: 16.120 euros, soit une hausse de 10%. Mais cette dernière augmentation a été décidée bien avant sa nomination.

Comme le souligne Le HuffPost, 8 présidents d’autorités administratives indépendantes sont mieux payés que le président de la CNDP et 17 sont moins bien rémunérés.