Les voisins de l’homme soupçonné d’avoir déposé un colis piégé vendredi à Lyon faisant 13 blessés n’en revenaient pas lundi d’apprendre sa garde à vue et celle de ses proches.

Une personne «sympathique», une famille «agréable»: les voisins de l’homme soupçonné d’avoir déposé un colis piégé vendredi à Lyon faisant 13 blessés n’en revenaient pas lundi d’apprendre sa garde à vue et celle de ses proches. «On est vraiment choqués de savoir qu’une personne comme ça ait pu commettre un tel acte de terrorisme», avoue à l’AFP Mickaël Peltier qui habite la résidence Les Ifs à Oullins, près de Lyon.

Ce petit immeuble rose pâle aux volets en mauvais état, situé non loin d’un supermarché dans un quartier populaire, a été perquisitionné toute la journée par les enquêteurs. Pendant de longues heures, les habitants ont du rester chez eux ou hors de l’immeuble s’ils se trouvaient à l’extérieur. «On nous a dit de rester chez nous à l’abri et de ne pas rester derrière les vitres», explique Adrien, un voisin.

« Je sais qu’il vivait avec ses parents »

Le suspect, un Algérien de 24 ans, avait été interpellé et placé en garde à vue plus tôt dans la journée en descendant d’un bus à quelques kilomètres de là. «C’est une personne connue de tous (…). Un jeune d’une vingtaine d’années, plutôt agréable serviable, toujours le sourire», résume M. Peltier, qui habite deux étages en dessous du domicile du suspect et de sa famille.

«Je sais qu’il vivait avec ses parents», ajoute ce voisin. Le père, la mère et un autre membre du cercle familial ont été placés eux aussi en garde à vue. «Il n’y a rien qui pouvait nous laisser penser une telle chose». «On sait qu’il faisait du sport. Il nous a dit qu’il faisait des études, mais il ne nous en a pas dit plus que ça», ajoute M. Peltier.

« Je connais tout le monde et je ne vois pas du tout qui c’est »

Le suspect a été présenté lundi comme un «étudiant en informatique» mais l’école où il était supposé être inscrit a précisé qu’il n’avait jamais fait partie de l’établissement. «Il y a deux ans, il s’était « désinscrit » avant la rentrée suite au refus de la délivrance de son visa». En revanche, Hamra Amor qui habite Les Ifs depuis 32 ans ne semblait pas connaître la famille. «Moi, je connais tout le monde et je ne vois pas du tout qui c’est. C’est peut être des nouveaux arrivants», dit-elle.

Adrien s’étonnait aussi. «Ce matin, on a vu plein de policiers armés jusqu’aux dents. On s’est posé la question de ce qui se passait. On a demandé aux policiers, ils ne voulaient pas nous répondre», raconte-t-il. Un peu plus loin, d’autres policiers lui ont expliqué qu’il s’agissait «d’un des suspects de la rue Victor Hugo», où le colis piégé avait été déposé vendredi devant une croissanterie. Lundi soir, les habitants bloqués avaient pu sortir ou rejoindre leurs domiciles.