Une dizaine de militaires auraient été tués cette nuit après l’attaque d’un poste-frontière avec le Burkina Faso. Une première sur le sol ivoirien depuis Grand-Bassam en 2016.

Selon plusieurs sources sécuritaires ivoiriennes et burkinabées, une « attaque djihadiste » contre une base des forces de sécurité ivoiriennes à Kafolo, dans le nord-est de la Côte d’Ivoire, à la frontière avec le Burkina Faso, a fait une « dizaine de morts » parmi les militaires. C’est la première attaque djihadiste sur le sol ivoirien depuis l’attentat de Grand-Bassam en 2016 qui avait fait dix-neuf morts.

Bilan provisoire

« Il y a une dizaine de victimes », a affirmé à l’AFP une source ivoirienne. Une autre source ivoirienne a fait état de « 12 morts, dont 11 militaires et un gendarme », ainsi que de « 6 blessés et 2 disparus », alors qu’une autre source ivoirienne parle de « 9 morts ».

Un assaillant a été tué, selon la première source. De son côté, une source burkinabée a évoqué « 10 militaires et un gendarme tué, et deux autres portés disparus », ainsi qu’« un assaillant neutralisé ».

Opération antidjihadiste à la frontière Côte d’Ivoire-Burkina

L’attaque s’est produite vers 3 heures du matin dans « la même zone que l’opération antidjihadiste » menée conjointement par les armées ivoirienne et burkinabée en mai. Baptisée « Comoé », du nom de la rivière qui coule entre les deux pays, l’opération qui visait à déloger des djihadistes dans le secteur avait conduit à la mort de huit djihadistes présumés, l’arrestation de 38 suspects et la destruction d’une base, sans perte pour les forces ivoiriennes ou burkinabées, selon l’armée ivoirienne.

La présence de djihadistes au nord du Parc national de la Comoé avait été détectée depuis plus d’un an. Selon des sources sécuritaires, il s’agissait de combattants opérant au Burkina, qui venaient chercher refuge du côté ivoirien de la frontière.

Le Burkina fait face à des attaques djihadistes qui ont fait près de 1 000 morts depuis 2015. Cette attaque montre que la menace djihadiste descend vers les pays du golfe de Guinée, après s’être étendue au Sahel. Après la chute de l’ancien président Blaise Compaoré, en 2014, le Burkina a hérité du chaos malien, favorisé par l’effondrement de la Libye. Les groupes djihadistes affiliés à Al-Qaïda et au groupe État islamique, qui y pullulent désormais, menacent de poursuivre leur expansion plus au sud, vers les pays côtiers du golfe de Guinée comme le Togo, le Bénin, le Ghana et la Côte d’Ivoire.

Le Bénin en a déjà fait les frais, avec l’enlèvement en mai 2019 de deux touristes français en safari dans le parc de la Pendjari et l’assassinat de leur guide, puis l’attaque armée d’un poste de police à la mi-février près de la frontière avec le Burkina. La pandémie du coronavirus n’a pas fait taire les armes. Au Mali, au Niger et au Burkina, les attaques et affrontements, qui ont atteint un niveau inégalé l’an dernier, continuent de faire de nombreuses victimes.

Quant à la Côte d’Ivoire, le pays a été touché le 13 mars 2016 par une attaque djihadiste : des assaillants avaient ouvert le feu sur la plage dans la ville balnéaire de Grand-Bassam, près d’Abidjan, faisant 19 morts. Les autorités ont affirmé avoir déjoué plusieurs tentatives depuis. Plusieurs attaques djihadistes ont eu lieu près de la frontière, côté burkinabé, jamais côté ivoirien. La zone frontalière ainsi que la zone nord-est de la Côte d’Ivoire sont déconseillées aux voyageurs par le ministère français des Affaires étrangères.