L’utilisation d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) n’augmente pas le risque d’effets indésirables et n’entraîne pas de taux de mortalité plus élevés chez les patients hospitalisés avec Covid-19, selon les résultats d’une étude. Publiée la semaine dernière dans Lancet Rhumatologie et reprise par Forbes, elle remet en cause le débat des premiers mois de la pandémie les liens possibles entre l’utilisation d’AINS et l’augmentation de la gravité de la Covid-19.

Forbes explique que cette conclusion était basée sur des données non publiées du ministère français de la Santé en mars 2020, qui recommandait d’utiliser l’acétaminophène ou le paracétamol à la place des AINS. L’Agence européenne des médicaments (EMA) avait alors recommandé que des études soient lancées sur le rôle des AINS et la gravité de la Covid-19. Cette préoccupation, à son tour, a influencé le traitement la fièvre ou la douleur avec des AINS.

Dans l’étude, les auteurs ont eu accès à plus de 72 000 patients admis à l’hôpital avec Covid-19 (plus de 40 000 hommes et plus de 31 000 femmes) de janvier à août 2020 au Royaume-Uni. L’étude a recruté patients atteints de Covid-19 confirmé ou hautement suspecté admis dans 255 hôpitaux en Angleterre, en Ecosse et au Pays de Galles. Sur les 72 179 éligibles, 5,8% (4 211) avaient pris des AINS avant leur admission.

L’étude a révélé que 30% des 4 200 patients qui avaient pris des AINS avant d’être admis à l’hôpital sont décédés, contre que 31% des 68 000 patients qui n’avaient pas pris d’AINS. Les auteurs ont constaté que chez les patients atteints d’une maladie rhumatologique sous-jacente (arthrose et polyarthrite rhumatoïde), l’utilisation d’AINS n’augmentait pas le risque de décès.

L’étude a aussi révélé que les patients qui prenaient des AINS n’étaient pas plus susceptibles que ceux qui ne les prenaient pas d’être admis aux soins intensifs ou de nécessiter une assistance respiratoire. L’étude actuelle, ainsi que des études plus récentes, fournit des preuves qui soutiennent la sécurité des AINS chez les patients Covid+, lorsqu’ils sont utilisés de manière appropriée pour traiter la douleur ou la fièvre, conclut-on.