Douze surveillants du centre pénitentiaire du Craquelin à Châteauroux (Indre) ont eu des retenues sur salaire, rapporte France Bleu Berry vendredi, pour s’être mobilisés en janvier devant la prison, selon le syndicat FO Pénitentiaire.

Douze surveillants du centre pénitentiaire du Craquelin à Châteauroux (Indre), qui assurent s’être mobilisés en dehors des heures de travail dans le cadre d’un mouvement national en janvier, ont eu des retenues sur salaire sur leur fiche de paye du mois de mars, selon les informations de France Bleu Berry vendredi. Ils ont perçus entre 70 et 100 euros de moins, soit l’équivalent d’une journée de travail. Le syndicat FO Pénitentiaire menace de saisir le tribunal administratif de Limoges (Haute-Vienne) si les sanctions ne sont pas levées.

Les surveillants de prison n’ont pas le droit de faire de grève, mais Pascal Sabourault a assuré à France Bleu Berry que le personnel s’est mobilisé sur des jours de repos ou avant la prise de service et jamais sur les horaires de travail. Le mouvement national très suivi, pour réclamer davantage de moyens, avait duré 12 jours.

Volonté d’intimidation de la direction

« La dernière fois qu’il y a eu un mouvement de cette ampleur, c’était en 1992, mais à l’époque il n’y avait pas eu de sanctions pécuniaires », a expliqué Pascal Sabourault, délégué régional du syndicat FO Pénitentiaire. Selon lui, il s’agit d’une volonté d’intimidation de la direction : « Aujourd’hui, l’administration a trouvé un autre moyen de nous faire taire pour avoir du pouvoir dans leurs établissements. »

On retire de l’argent sur des personnes qui ont crié haut et fort leur mécontentement, c’est inadmissible

Pascal Sabourault, syndicat FO Pénitentiaire

France Bleu Berry

À la maison centrale de Saint-Maur, commune voisine de Châteauroux, aucun agent n’a été sanctionné. « À Saint-Maur, il y a eu un accord avec la direction, a expliqué Pascal Sabourault. Sur Châteauroux, les personnels ont décidé un blocage total, aucune entrée, aucune sortie, ce qui n’a pas plu à la direction. »

Selon Force Ouvrière, 311 surveillants seraient concernés dans l’ensemble des établissements de la région Centre-Est, dont douze dans l’Indre (au Craquelin), une cinquantaine dans le Loiret (au centre pénitentiaire d’Orléans-Saran) et une petite dizaine dans le Loir-et-Cher (Maison d’arrêt de Blois). La Direction interrégionale centre-est de l’administration pénitentiaire, basée à Dijon (Côte-d’Or), est restée injoignable.