« Cet homme s’est cru autorisé à me mettre une main aux fesses du fait de la liesse générale » : sur Twitter, des dizaines de femmes ont raconté le harcèlement ou les agressions dont elles ont été victimes après la victoire des Bleus.

Une utilisatrice de Twitter les a rassemblés sous le hashtag « #MeTooFoot ». Depuis dimanche soir, plusieurs dizaines de témoignages de femmes affirmant avoir été victimes de harcèlement ou d’agressions sexuelles en marge des célébrations de la victoire de l’équipe de France à la Coupe du monde ont été publiés sur le réseau social. Les récits se passent majoritairement à Paris, mais aussi dans d’autres villes comme Rouen ou Lyon, dans les fan-zones, les bars ou les transports en commun.

« C’est la victoire, qu’est-ce que tu attends ? ». « Y’a un mec alcoolisé qui vient de me foutre une main au cul, tout en essayant de m’embrasser de force. Je le repousse, il me prend par le cou en me disant : ‘c’est la victoire, qu’est-ce que tu attends ?' », écrit une internaute. « Il a fallu que ça soit mon pote mec qui le repousse violemment pour qu’il arrête : ma parole n’a donc aucun impact ? », interroge une autre. « Je remercie le mec qui va sûrement pourrir mes pensées pendant un moment, qui a profité pour me tripoter mon sexe et mes fesses pendant que j’étais à moitié inconsciente sur les Champs-Élysées », raconte une troisième.

« Je tiens quand même à dire qu’un mec m’a prise par la taille et m’a touché les fesses pendant la fanzone », témoigne encore une utilisatrice de Twitter.

« Il a mis sa langue dans ma bouche par surprise ». Certaines de ces femmes ont été jointes par des médias auprès desquels elles ont détaillé leurs histoires. « À peine sortie du métro Bonne-Nouvelle », à Paris, « un homme a mis sa langue dans ma bouche par surprise », a raconté une victime à l’Obs. « Le mec insistait, il faisait deux têtes de plus que moi », poursuit-elle, ajoutant que l’homme lui a lancé « on est les champions » avant de s’éloigner.

À Rouen, une jeune femme affirme à Buzzfeed avoir subi un attouchement : « ce qui m’a énervée le plus dans cette histoire, c’est que cet homme s’est cru autorisé à me mettre une main aux fesses du fait de la liesse générale. »

« C’est une agression sexuelle punie par la loi ». Lundi, le ministère de l’Intérieur a indiqué qu’un total de 292 personnes avaient été placées en garde à vue dans toute la France pour des « violences » commises en marge des rassemblements festifs post-finale, sans préciser si certains des faits étaient de nature sexuelle. Contactés par Franceinfo, la préfecture de police et le parquet de Paris ont affirmé « ne pas détenir d’informations » à ce sujet. Sur Twitter, le Secrétariat d’État chargé de l’Égalité entre les femmes et les hommes s’est cependant fait le relais des témoignages publiés. « Il embrasse de force une femme durant les fêtes de la Coupe du monde 2018 : c’est une agression sexuelle punie par la loi », peut-on lire sur son compte officiel.