Le réalisateur « ne croit plus » à une libération, selon sa cousine. Il est emprisonné dans le nord de la Russie.

Le cinéaste ukrainien Oleg Sentsov« perd espoir » après une centaine de jours de grève de la faim dans une prison russe, a affirmé sa cousine à l’AFP. Natalia Kaplan avait annoncé la semaine dernière avoir reçu une lettre du cinéaste où il disait sentir que la fin était « proche ». « Il m’a écrit qu’il ne fallait plus lui dire qu’une libération était proche. Il n’y croit plus », a-t-elle assuré lors de cet entretien réalisé jeudi 16 août.

Selon Natalia Kaplan, l’état de santé de son cousin « s’est nettement détérioré » depuis que cet opposant à l’annexion de la Crimée a entamé sa grève de la fin le 14 mai pour exiger la libération de tous les « prisonniers politiques » ukrainiens détenus en Russie. Mardi, cela fera 100 jours qu’il ne s’alimente plus. « Il a un pouls très faible de 40 battements par minute. Il se plaint du cœur qui lui fait mal, de faiblesse générale et essaye de ne pas se lever souvent pour ménager ses forces », a-t-elle raconté.

« Ce n’est pas un suicidaire »

Selon la militante russe des droits de l’homme Zoïa Svetova, qui a pu s’entretenir avec le cinéaste mardi dans sa prison russe, il dit avoir perdu 17 kilos et être dans un « état pré-critique », mais il n’a « pas l’intention de s’arrêter ». « Ce n’est pas un suicidaire, il veut et espère vivre, a déclaré à l’AFP Zoïa Svetova. Il m’a fait penser à un malade du cancer persuadé qu’il vaincra la tumeur et qu’il vivra. »

Malgré les nombreux appels d’écrivains, acteurs ou cinéastes occidentaux en faveur d’OlegSentsov et les propositions présentées la semaine dernière par Emmanuel Macron à Vladimir Poutine, le Kremlin garde le silence sur cette affaire. Moscou a rappelé la gravité des charges de « terrorisme » pour lesquelles Oleg Sentsov a été condamné et assure que le réalisateur doit demander une grâce pour l’obtenir.