Lors de sa conférence de presse quotidienne à propos de la pandémie de coronavirus, Donald Trump s’est une nouvelle fois attaqué à la presse.

Donald Trump avait l’opportunité de se placer en président rassurant et s’adresser à la nation. Il a préféré s’attaquer, une nouvelle fois, à un journaliste. «Que voulez-vous dire aux Américains qui ont peur ?», lui a demandé vendredi Peter Alexander, le correspondant de NBC News à la Maison-Blanche. «Je veux leur dire que vous êtes un très mauvais journaliste. Je trouve que c’est une question très tordue et je pense que vous envoyez un très mauvais signal au peuple américain. Le peuple américain veut des réponses et veut de l’espoir. Vous faites du sensationnalisme», a-t-il répondu, pointant du doigt le reporter au regard ébahi. «C’est vraiment du mauvais journalisme. Vous devriez refaire du journalisme au lieu de sensationnalisme.» Ne dissimulant nullement son agacement, Donald Trump a poursuivi : «Je le sens bien et qui sait ? J’ai eu raison, beaucoup de fois. Voyons ce qui va se passer.»

Peter Alexander est revenu, quelques minutes plus tard, sur cet échange tendu à l’antenne de NBC News : «Je pense que les Américains se feront leur propre jugement», a-t-il répondu à Chuck Todd, qui lui demandait si le président américain était «sous pression». «Evidemment, ils sont à la recherche d’un président et d’une équipe en laquelle ils peuvent avoir confiance et se sentir en sécurité en sachant que tout est fait pour les protéger à la maison, a ajouté le journaliste. J’ai essayé de donner au président une opportunité de rassurer des millions d’Américains qui voient le bilan s’approcher des 200 morts et le nombre de personnes testées positives au Covid-19 dépasser les 14 000. Je lui ai demandé ce qu’il voulait dire aux Américains qui ont peur, le président en a profité pour se venger sur moi, me qualifiant de « très mauvais journaliste ». C’était une opportunité pour lui d’être positif, inspirant, optimiste comme il aime l’être.»

Le démenti formel de la FDA

Peter Alexander a une idée pour expliquer l’agacement du président : «Je lui avais demandé auparavant, je pense que ça l’a peut-être énervé, si c’était sa volonté de donner une tournure positive sur les choses, si ça ne donnait pas un faux espoir au peuple américain, comme avec les traitements dont il disait qu’ils seraient immédiatement disponibles et ce à quoi le Dr Fauci lui-même a répondu qu’il n’y avait pas de médicament magique contre le coronavirus.»

Chaque jour, Donald Trump s’efforce de présenter les choses positivement, notamment à propos d’un possible effet de la chloroquine, un antipaludique, sur les patients atteints par le Covid-19. «Ils ont effectué le processus d’approbation. Ça a été approuvé, ils l’ont fait», a-t-il assuré jeudi, entraînant quelques minutes plus tard un démenti formel de la FDA (Food and drug administration), rappelant que les médicaments existaient bien mais n’avaient reçu aucune validation dans le cadre d’un traitement du Covid-19. Et chaque jour, le Dr Anthony Fauci, directeur de l’Institut National des allergies et maladies infectieuses, tente de minimiser les déclarations du président américain et de rester le plus factuel possible. Il a notamment rappelé jeudi sur CNN qu’«aujourd’hui, il n’y a aucun médicament prouvé et sûr pour le coronavirus».