Bien que la justice américaine ait ordonné de réunir les enfants séparés de leurs parents migrants, nombre d’entre eux n’ont toujours pas retrouvé leur famille. Pour certains, leurs parents sont toujours incarcérés ou ont déjà été expulsés.

Moins de la moitié d’une centaine d’enfants migrants séparés de leurs parents vont retrouver leurs familles à temps, selon le délai fixé par un tribunal de Californie. Et le sort de dizaines d’autres reste incertain, ont indiqué mardi les autorités américaines.

Les retrouvailles retardées

Un juge avait ordonné aux autorités de réunir tous les enfants de moins de cinq ans avec leurs familles d’ici le 10 juillet. Selon des responsables américains, quatre de ces 102 enfants ont déjà retrouvé leurs parents mardi, et 34 autres réunifications doivent se produire ce mercredi. Mais le reste des retrouvailles va être retardé: certains parents sont encore détenus, d’autres ont des casiers judiciaires chargés et d’autres ont déjà été expulsés.

« Notre devoir est de protéger les enfants. Ce que nous faisons maintenant, c’est assurer que ces enfants ne soient pas réunis avec des personnes pouvant leur nuire », a déclaré Chris Meekins, un responsable du ministère de la Santé.

2300 enfants séparés de leurs parents

Un juge de San Diego a donné lundi davantage de temps au gouvernement pour réunir les 102 enfants avec leurs familles. Les autres doivent, eux, être réunis avec leurs familles d’ici le 26 juillet.

Ces enfants font partie des plus de 2300 enfants séparés de leurs parents dans le cadre de la politique migratoire de « tolérance zéro » de Donald Trump. Politique que le président américain avait défendue: « Lorsque vous inculpez des parents pour entrée illégale dans le pays, ce qui doit être fait, vous devez séparer les enfants », avait déclaré mi-juin le locataire de la Maison Blanche. Un haut responsable du ministère de la Santé avait par ailleurs assuré au Congrès que le gouvernement avait perdu la trace de près de 1500 de ces enfants qui avaient été placés.

Certains parents déjà expulsés

Dans le cas de 20 enfants, les retrouvailles ont été retardées pour « des raisons logistiques », selon Chris Meekins. Pour 12 d’entre eux, c’est parce que leurs parents ont déjà été expulsés des États-Unis. Il a aussi précisé que des tests ADN avaient montré que cinq adultes disant être les parents d’enfants ne l’étaient pas.

Dix enfants vont continuer à attendre d’être réunis avec leurs parents pendant que ces derniers sont détenus et accusés d’être entrés dans le pays illégalement. Parmi les autres cas de figure, un enfant a été violenté par l’un de ses parents, et le parent d’un autre est atteint d’une maladie contagieuse.

Donald Trump a mis fin par décret aux séparations

Le gouvernement a été vivement critiqué, aux États-Unis et à l’étranger, pour avoir séparé les enfants de leurs parents sans-papiers. La majorité de ces familles sont originaires d’Amérique centrale et demandent l’asile en raison de la violence dans leurs pays d’origine. Les autorités espéraient avec cette mesure dissuader la venue des migrants.

Face au tollé créé par les images d’enfants en pleurs, Donald Trump a mis fin par décret le 20 juin aux séparations, en appelant le Congrès à réformer les lois sur l’immigration.