En difficultés en France, le chef de l’État accélère le rythme de ses consultations en vue du scrutin de mai prochain. Il cherche à dépasser sa majorité et à constituer un axe central fort de proeuropéens.

Les grandes manœuvres sont en marche. À peine rentré de sa visite d’État de deux jours en Belgique, Emmanuel Macron a très vite remis les mains dans le cambouis politique. Alors qu’il traverse actuellement une période très difficile sur le plan intérieur, et à six mois seulement des élections européennes, le président a décidé d’accélérer le rythme de ses consultations. Pour cela, il a secrètement dîné avec plusieurs personnalités de premier plan, qui ont été conviées à l’Élysée mardi soir.

Parmi les visages familiers autour de la table se trouvaient des poids lourds de la majorité tels que le chef du gouvernement, Édouard Philippe, le patron par intérim de La République en marche, Philippe Grangeon, ou encore les numéros 1 et 2 du MoDem, François Bayrou et Marielle de Sarnez. Comme l’a révélé L’Opinion, le ministre Constructif de la Culture Franck Riester était présent ainsi que les anciens premiers ministres Alain Juppé et Jean-Pierre Raffarin, qui sont en rupture avec les Républicains.

Vers une confédération qui rassemblerait les «Macron-compatibles»?

Selon les informations du Figaro, la liste ne s’arrête pas là. Outre ces trois responsables de droite, d’éminentes figures issues de la gauche ont elles aussi participé aux agapes. C’est le cas du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian et du commissaire européen Pierre Moscovici. Socialistes historiques, les deux hommes se sont notamment côtoyés durant le quinquennat de François Hollande, où ils étaient respectivement chargés de la Défense (2012-2017) et de l’Économie et des Finances (2012-2014).

Enfin, les Radicaux étaient également représentés, puisque Jacques Mézard, l’ex-ministre de la Cohésion des territoires qui a quitté le gouvernement lors du dernier remaniement, est venu accompagné de Laurent Hénart, le co-président du Mouvement radical (le parti né de la fusion entre le PRG et les Valoisiens). De quoi matérialiser l’idée qui germe au sein de certains esprits de la majorité, qui plaident pour une confédération de «Macron-compatibles» dépassant le périmètre strict de l’alliance LaREM/MoDem.

Ce rendez-vous au format inédit – que l’Élysée refuse de commenter à ce stade – s’inscrit dans le prolongement du souhait déjà exprimé à plusieurs reprises par Emmanuel Macron. Après avoir plaidé en septembre dernier pour une «liste la plus large possible» qui rassemblerait les «progressistes et les démocrates», le président a renouvelé ce cri d’alarme mardi à Bruxelles, invitant les proeuropéens à repousser leurs débats de «sensibilités» à plus tard pour se concentrer sur la menace antieuropéenne