Parmi les « sbires » stigmatisés par Nicolas Sarkozy, deux figures du régime de Kadhafi sont actuellement en prison.

Saïf Al-Islam Kadhafi. Le second fils de l’ancien dictateur, 45 ans, pourrait bien retrouver les coulisses du pouvoir à l’issue de l’élection présidentielle libyenne, d’ici à la fin de l’année, si l’émissaire des Nations unies en Libye parvient à organiser le scrutin en toute sécurité. Très proche conseiller de son père, Saïf avait été fait prisonnier par la milice de Zintan en novembre 2011. Condamné à mort par contumace en 2015 devant une cour de Tripoli, réclamé par la Cour pénale internationale, il a cependant été libéré par ses geôliers à la suite d’un accord passé avec le pouvoir de Tobrouk, dont l’homme fort est le maréchal Haftar. Cet ancien haut gradé de l’armée sous la présidence de Mouammar Kadhafi, puis exilé aux Etats-Unis après une tentative de coup d’Etat, est revenu en Libye en 2011 pour prendre part à l’insurrection. Il est également candidat à la présidentielle.

Baghdadi Mahmoudi. Premier ministre du président Kadhafi de 2006 à 2011, âgé de 75 ans aujourd’hui, il fut un pilier du camp conservateur, qui s’opposait aux réformes libérales préconisées par Saïf Al-Islam Kadhafi. Il a fait partie des barons du régime qui considèrent le document attestant de la livraison de 50 millions d’euros à la campagne de ­Nicolas Sarkozy comme authentique. Arrêté en Tunisie alors qu’il fuyait l’insurrection contre le régime à l’automne 2011, il est extradé en 2012 vers la Libye, où il est toujours en prison aujourd’hui. Interrogé par la justice de son pays, il affirme que de l’argent a été versé à Nicolas Sarkozy.

Deux figures du renseignement libyen

Abdallah Senoussi. Cet homme de 68 ans, beau-frère par alliance de Mouammar Kadhafi après avoir épousé la sœur de la seconde épouse du colonel-président, a dirigé les services de renseignement intérieurs libyens entre 2002 et 2011. Condamné en 1999 en France à la réclusion à perpétuité pour avoir commandité dix ans plus tôt l’attentat contre le DC-10 d’UTA, il n’a jamais été extradé. Réclamé par la Cour pénale internationale pour avoir réprimé l’insurrection populaire en Libye en 2011, il est arrêté en Mauritanie en 2012 puis livré aux autorités libyennes, qui le détiennent toujours depuis. Lui aussi accuse Sarkozy.

Moussa Koussa. Chef des services de renseignement extérieurs libyens en 1994 et 2009 puis ministre des Affaires étrangères de la Libye, il a fait défection dès le début de l’insurrection de 2011 en se réfugiant à Londres pour y dénoncer la répression du régime. Il affirme que, sur le fameux document de Mediapart évoquant les 50 millions de la campagne de Sarkozy, seule sa signature est fausse. Âgé de 68 ans, il vit aujourd’hui en exil au Qatar.