Auteur d’un doublé à seulement 19 ans, Kylian Mbappé a porté l’équipe de France à la victoire face à l’Argentine (4-3), ce samedi, en huitièmes de finale de la Coupe du monde. Un match énorme de la part du Parisien. Benjamin Pavard a aussi mis un but de dingue, quand les Bleus étaient menés.

Lloris: 5,5

Un match frustrant pour le capitaine des Bleus, battu à la 41e sur un missile du gauche d’Angel Di Maria à 25 mètres dans l’axe. Une frappe sur laquelle il ne peut rien faire. Avant d’aller chercher une première fois le ballon au fond de ses filets, le portier des Spurs n’avait quasiment rien eu à faire : quelques ballons captés sur des centres inoffensifs, une sortie réussie dans les pieds de Cristian Pavon à la 25e, et c’est à peu près tout. Il ne peut pas non plus grand-chose sur le but de Gabriel Mercado à la 48e, qui le surprend totalement en reprenant un tir de Lionel Messi. Et il est encore impuissant sur le troisième but de Sergio Agüero à la 93e.

Pavard: 8

Appelez-le Benjamin « Thuram » Pavard. S’il n’a pas claqué de doublé, Pavard a inscrit son premier but en sélection d’une lumineuse frappe de l’extérieur du pied droit. Magnifique, dingue ! De retour dans le onze de départ, après l’intérim assuré par Djibril Sidibé face au Danemark, le latéral de Stuttgart a également livré une copie propre sur le plan défensif, en étant impeccable devant Di Maria, son adversaire direct. Il manque seulement d’un brin vigilance à la 48e quand il couvre Mercado, qui ne se trouve donc pas hors-jeu au moment de tromper Lloris. Mais son but fait tout oublier.

Varane: 6

Son duel avec Lionel Messi, qu’il connaît bien pour le croiser si souvent lors des duels Barça-Real, était fortement attendu. Il n’a pas déçu, même s’il est trop juste de la tête sur le dernier but argentin. Dans cette équipe de France, l’ancien Lensois paraît prendre de plus en plus confiance et ça se ressent sur le terrain. Mais les Bleus prennent trois buts et il faudra donc encore corriger certains détails.

Umtiti: 6

Même note que Varane pour une prestation comparable à celle de son compère de la défense. Certains diront que sa tâche a été rendue plus facile par l’absence de vrai 9 face à lui, comme un Higuain ou un Agüero qui aurait pu peut-être lui imposer un duel de chaque instant. Mais comme Varane, il a été vigilant face aux mouvements de Messi, aligné en pointe et qui s’est souvent glissé entre les lignes. Un match propre pour le roc du Barça, sans fioritures.

Lucas Hernandez: 7

Pour sa neuvième sélection sous le maillot bleu et sa quatrième titularisation en Russie, le latéral droit de l’Atlético de Madrid a mis de l’impact et répondu au défi physique qui lui a été imposé sur certaines séquences par les Argentins. Comme à son habitude, comme lors de ses trois dernières sorties. S’il a bien tenu son couloir défensivement, le natif de Marseille a trop rarement cherché à apporter le surnombre. Il aurait gagné à le faire le plus souvent. La preuve, c’est son centre qui amène le premier but de Kylian Mbappé.

Kanté: 7,5

L’équipe de France n’aurait assurément pas le même visage sans Kanté, qui a donné le ton de son match d’entrée en récupération un premier ballon après seulement 30 secondes de jeu. Le premier d’une longue série. Infatigable, on l’a même vu parfois presser très haut pour gêner les premières relances argentines et harceler le porteur de balle. On l’a aussi vu par moments suivre Lionel Messi à la trace. Sur le premier but argentin, on peut toutefois lui reprocher de ne pas être monté sur Di Maria, qui a profité d’un boulevard pour ajuster Lloris.

Pogba: 8

Un match taille patron. Aligné une nouvelle fois devant la défense aux côtés de N’Golo Kanté dans le 4-2-3-1 mis en place par Didier Deschamps, le Mancunien a rayonné pendant les 45 premières minutes en distribuant les ballons avec une justesse folle. Parmi toutes ses passes millimétrées, on retiendra notamment cette ouverture magique pour Mbappé à la 19e, qui a amené un bon coup franc pour les Bleus. Plus discret en seconde période, c’est toutefois lui qui décale bien Hernandez sur le premier but de Mbappé. Globalement, il a joué sobre et juste.

Mbappé: 9

Que dire ? A seulement 19 ans, le Parisien a été le principal artisan de la victoire française avec un doublé au compteur. Il a trompé une première fois Franco Armani à la 64e avec un enchaînement crochet-frappe instantanée. A la 68e, il s’est donc offert un deuxième but d’une parfaite frappe du droit sur un service d’Olivier Giroud au terme d’une contre-attaque enclenchée par Lloris. Au-delà de ce doublé, l’ancien Monégasque a fait d’énormes différences par sa vitesse. C’est notamment lui qui obtient le penalty transformé par Griezmann après avoir été fauché par Marcos Rojo. On garde le 10 pour la finale !

Griezmann: 6,5

Son réveil était attendu. Buteur à une seule reprise (sur penalty) et auteur de prestations décevantes depuis le début de la Coupe du monde, Antoine Griezmann devait se reprendre. C’est ce qu’il a fait en trouvant la barre sur coup-franc à la 9e, puis en transformant sans trembler le penalty obtenu par Mbappé à la 13e. Ses replis défensifs n’ont également pu faire que plaisir à Diego Simeone. Mais il lui a encore manqué un peu de tranchant pour faire plus de différences.

Matuidi: 6

Aligné comme milieu-ailier gauche dans le 4-2-3-1 de Deschamps, un poste auquel il n’a été placé qu’à de rares reprises au PSG par Unai Emery ou plus récemment à la Juve sous les ordres de Massimiliano Allegri, le numéro 14 des Bleus s’est démené au pressing, comme à son habitude, mais il a eu du mal sur le plan technique. On l’a aussi vu commettre quelques fautes et prendre un carton jaune à la 72. Il sera suspendu pour le quart de finale contre l’Uruguay ou le Portugal.

Giroud: 5

Ce huitième de finale ne restera pas comme son meilleur match sous le maillot bleu. C’est un euphémisme. Positionné en pointe, avec Griezmann en soutien, l’artificier de Chelsea a eu beaucoup de mal à peser sur les débats. Evidemment, il a fatigué l’arrière-garde argentine par son jeu de corps. Mais il a aussi perdu beaucoup de ballons et n’est pas parvenu à gérer ce rôle de fixation dans lequel il a pourtant l’habitude de briller. Il sauve son bilan avec cette passe décisive pour Mbappé.