Cette militante d’Attac est tombée et a été grièvement blessée après une charge policière sur la place Garibaldi, à Nice.

La manifestation des « gilets jaunes » à Nice, interdite dans une grande partie de la ville, a été émaillée samedi 23 mars par des heurts avec la police, qui ont fait au moins une blessée grave, une manifestante de 72 ans. L’incident s’est déroulé place Garibaldi, lieu habituel des rassemblements de « gilets jaunes », mais qui est était incluse dans le périmètre interdit. La septuagénaire est tombée après une charge de la police qui a été filmée par des manifestants et des journalistes. « Je veux penser aussi à la manifestante blessée ce matin à Nice », a déclaré le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, en fin de journée. Voici ce que l’on sait des circonstances des événements.

Que s’est-il passé ?

Quelques dizaines de personnes, dont certaines vêtues d’un gilet jaune, ont bravé, durant la matinée, l’interdiction de manifester en centre-ville en matinée, sur la place Garibaldi. C’est durant une charge policière que Geneviève Legay, une militante altermondialiste septuagénaire, s’est blessée en tombant.

Les pompiers l’ont évacuée consciente, ont constaté des journalistes de l’AFP. France 3 a filmé la scène où l’on voit la manifestante tomber. Contactée par franceinfo, la préfecture des Alpes-Maritimes n’a pas répondu à nos sollicitations concernant les circonstances de l’accident.

Quel est son état de santé ?

A sa fille qu’elle n’a d’abord pas reconnue, Geneviève Legay a raconté ce qui lui était arrivée en ces mots : « Je me souviens qu’un policier m’a chargée et après je ne me souviens de rien ».

« Elle souffre de plusieurs fractures au crâne, au rocher (oreille interne) et des hématomes sous-duraux », a précisé sa fille à l’AFP. Selon cette dernière, les médecins ont eu « très, très peur » pour elle quand ils l’ont examinée. « Elle doit rester encore 48 heures sous surveillance. Elle est consciente, sous perfusion de morphine, car elle a de violents maux de tête », a-t-elle ajouté.

Qui est-elle ?

Geneviève Legay est membre de l’ONG altermondialiste, Attac, des Alpes-Maritimes. Selon sa fille, elle était venue pour le droit de manifester, avec un drapeau altermondialiste arc-en-ciel. Avant d’être blessée, on la voit dans une autre vidéo de France 3 clamer « liberté de manifester » avec d’autres manifestants avant de lancer aux policiers : « Ne me touchez pas ». Elle est ensuite bousculée tandis que des sifflets retentissent de part et d’autre de la scène.

« Pourquoi charger avec une telle brutalité une militante non violente ? », s’est interrogé sur Twitter, Raphael Pradeau, porte-parole d’Attac.