Alors que le ministre de l’Intérieur dénonce la « radicalisation » du mouvement, le service central du renseignement territorial a identifié plusieurs « gilets jaunes » au profil troublant…

Ils étaient encore 15.000 à être mobilisés, ce mercredi, pour bloquer quelques dépôts pétroliers et tenir des barrages filtrant sur certains axes routiers. Les violences et dégradations commises par des « gilets jaunes » depuis samedi illustrent « une dérive totale » du mouvement, a expliqué, mardi, le ministre de l’Intérieur sur France 2. Emmanuel Macron a assuré que «  la sévérité sera de mise » contre ceux qui auraient eu un « comportement inacceptable ». Selon les chiffres communiqués par la place Beauvau, 745 personnes ont été interpellées et 599 ont été placées en garde à vue.

« On voit qu’on a une radicalisation [du mouvement] avec des revendications qui ne sont plus cohérentes, qui vont dans tous les sens », a ajouté Christophe Castaner. Le gouvernement observe en particulier « une évolution assez claire, depuis le 17 novembre, du profil des meneurs » des « gilets jaunes », indique à 20 Minutes une source ministérielle. « Il s’agit désormais, pour nombre d’entre eux, de gens qui partagent des thèses complotistes, qui sont proches des sphères d’extrême droite », précise notre interlocuteur.

« Eléments à risques »

Dès la semaine dernière, le SCRT (service central du renseignement territorial) avait identifié quelques « éléments à risques ». Parmi eux, plusieurs sont issus de la mouvance d’ultra-droite. Dans une note, consultée par 20 Minutes, le service remarquait en particulier que Résistance républicaine, un « mouvement à caractère anti-musulman », invitait ses « sympathisants » à participer aux manifestations du 17 novembre. Le site Démocratie participative, « ouvertement antisémite et raciste », appelait aussi ses lecteurs à se mobiliser samedi dernier « contre le pillage financier des juifs ».

Les policiers du renseignement avaient également appris qu’un ancien militant du Front national, fondateur en septembre 2017 du groupuscule Les Barjols, avait participé « à plusieurs réunions préparatoires en Meuse et en Moselle, en vue de la journée de mobilisation du 17 novembre ». Dans ce document de 15 pages, le SCRT soulignait que « son ancien bras droit » avait été mis en examen et écroué « dans le cadre de l’enquête concernant le projet d’attaque à l’initiative de sympathisants de l’ultra-droite visant le président de la République ».

L’ultra-gauche en embuscade

Les militants de l’ultra-gauche, eux, ne s’étaient pas manifestés « en faveur de la mobilisation du 17 novembre ». Mais les membres de la mouvance estimaient que les « gilets jaunes », « par leurs actions, pourraient servir leurs intérêts », relatait le SCRT. Selon Le Parisien, plusieurs d’entre eux, armés de barres de fer et de cocktails Molotov, ont justement été observés par les agents du renseignement lors d’un rassemblement de « gilets jaunes » à Langueux, dans les Côtes-d’Armor. D’autres, selon nos informations, seraient à l’origine du saccage du péage de Virsac sur l’autoroute A10, en Gironde.