Connu pour avoir torturé et tué un enfant de 3 ans en 1993, le Britannique vient d’être de nouveau condamné pour pédo-pornographie.

Son histoire est celle, brutale et stupéfiante, d’un « enfant tueur ». Jon Venables, condamné en 1993 pour le meurtre d’un enfant de 2 ans commis lorsqu’il en avait 10, a été condamné ce mercredi 7 février à quatre mois de prison pour possession de documents pédo-pornographiques. Il a reconnu posséder 1.170 images et un manuel expliquant comment avoir des relations sexuelles avec des enfants de manière « sûre ».

Etant donnée sa précédente condamnation à vie pour meurtre en 1993, pour laquelle il avait passé 8 ans en prison, et une autre condamnation, déjà pour pédo-pornographie, en 2010, Jon Venables pourrait ne pas être libéré après avoir purgé sa nouvelle peine.

« C’est de ma faute, j’ai encore déçu les gens autour de moi », a-t-il déclaré lors de l’audience, via vidéo-conférence depuis la cellule où il avait été placé en détention.

Un enfant torturé et tué

Le premier crime de Jon Venables, en 1993, avait traumatisé le Royaume-Uni.

Un jour de février, lui et son copain Robert Thompson, 10 ans, sèchent l’école. Ils se promènent dans un centre commercial de Bootle, près de Liverpool, volent une figurine de Troll, des piles, de la peinture bleue. Se disent qu’ils « perdraient bien un gamin ». Puis enlèvent un enfant de 2 ans, James Bulger, qui accompagnait sa mère chez le boucher.

Arrivés près d’une voie ferrée, à trois kilomètres de là, les deux commencent à torturer James Bulger, lui jettent des pierres, des briques, puis une barre de fer de 10 kilos. Il sera retrouvé mort deux jours plus tard. Impossible pour les enquêteurs de déterminer laquelle de ses 42 blessures aura été fatale. Jon Venables et Robert Thompson seront condamnés à huit ans d’emprisonnement et envoyés, dans deux unités spécialisées différentes.

Libération conditionnelle

Lorsque les deux condamnés bénéficient d’une remise en liberté conditionnelle, en 2001, ils reçoivent de nouvelles identités afin de leur éviter de subir des représailles, notamment de la famille de James Bulger. Ils ont l’interdiction d’entrer en contact, de quitter le Royaume-Uni ou de se rendre dans le Merseyside, où ils ont commis le meurtre de l’enfant.

Le gouvernement britannique se félicite alors de leurs « progrès » : Jon Venables a passé l’équivalent de son bac, les rapports des psychiatres sont encourageants. Il est « le moins diabolique des deux », estime même son avocat de 1993, Laurence Lee. Robert Thompson, considéré comme le « leader » du duo, montre lui des signes de « psychopathie ».

En 2010, c’est pourtant Jon Venables, sous sa nouvelle identité, qui se retrouve devant le juge. Il plaide coupable de possession d’images de pornographie infantile et écope de deux ans de prison, aux termes desquels une nouvelle identité lui sera donnée.