La bactérie qui a décimé de nombreux arbres en Italie avait déjà été détectée sur l’île, mais uniquement sur des plantes ornementales. Les producteurs d’huile sont très inquiets.

La bactérie Xylella fastidiosa, qui a décimé des milliers d’oliviers en Italie et reste sans remède connu, aurait été détectée sur des oliviers et chênes verts de Corse. «C’est la première fois que l’olivier et le chêne vert sont touchés sur l’île et qu’une filière économique, l’oléiculture, est touchée», a dit mardi Sandrine Marfisi, présidente du syndicat interprofessionnel des oléiculteurs de Corse (Sidoc), une filière représentant 3 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Au total, 25 foyers avaient déjà été détectés en région Provence-Alpes-Côte d’Azur et 350 en Corse, mais aucun sur des oliviers jusqu’à présent. La bactérie en Corse, qui était de la sous-espèce dite «multiplex», a surtout affecté des plantes ornementales.

Le Sidoc contestait les analyses, «toujours négatives», du laboratoire national de référence de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES). Il a sollicité un laboratoire de l’Inra (Institut national de la recherche agronomique), à Angers, dont «l’expertise est internationalement reconnue et ses méthodes réputées plus sensibles à Xylella que celles de l’ANSES», a-t-il expliqué dans un communiqué.

«Le verdict est tombé», poursuit le Sidoc: plusieurs oliviers, des oléastres (oliviers sauvages), myrtes et chênes verts «sont déclarés infectés par Xylella fastidiosa». Les analyses pour identifier la sous-espèce de cette bactérie sont en cours, selon la même source. Précisant qu’il y a «10.000 hectares d’oliviers en Corse, 107.000 hectares de chênes verts et que l’oléastre est une plante endémique du maquis corse qui couvre plus de 300.000 hectares», le syndicat juge les risques de contamination «incommensurables».

Cette bactérie a été détectée pour la première fois en Europe en 2013 dans les Pouilles (sud de l’Italie). Connue aux États-Unis sous le nom de maladie de Pierce (qui a fortement touché les vignobles californiens à la fin du XIXe siècle), cette bactérie est transmise par des insectes de la famille des cigales et a été détectée à ce jour dans quatre pays européens (Italie, France, Espagne et Allemagne).

Aucun remède ne permet actuellement de guérir les végétaux malades en plein champ et deux projets de recherche sur Xylella fastidiosa sont financés par le programme Horizon 2020 de l’UE. Elle peut potentiellement toucher 359 espèces végétales.