Les étudiants qui occupent actuellement le campus de Tolbiac de l’université Paris I Panthéon-Sorbonne ont publié hier une vidéo dans laquelle ils réclament la démission du président de la République Emmanuel Macron.

Des banderoles contestataires, trois personnes arborant des masques colorés, et un chien qui a l’air de se demander ce qu’il fait la. C’est le cadre surréaliste de la première «auto-conférence de presse» publiée hier sur les réseaux sociaux par les étudiants qui occupent actuellement le campus de Tolbiac de l’université Paris I, dans le XIIIe arrondissement de la capitale. Sous le nom de «Commune Libre de Tolbiac», les jeunes gens diffusent ainsi, via les réseaux sociaux, leurs revendications.

Ces étudiants revendiquent de pouvoir mieux contrôler leur communication sans passer par les «médias classiques» qui «déforment» leurs propos. Après avoir confirmé qu’une assemblée générale a voté le blocage illimité du campus parisien, ces représentants anonymes de la «commune libre de Tolbiac» listent leur revendication. Le retrait de la loi ORE, source du mouvement de contestation des étudiants, mais également de meilleurs salaires pour les cheminots et les travailleurs précaires de l’université ainsi que… la démission du président de la République, Emmanuel Macron. Le tout sous-titré en écriture inclusive.

Un compte Twitter pour les listes de courses

Le temps de cet inventaire, le chien, peu concerné par les propos tenus, cherche à droite et à gauche une occupation plus intéressante. Les bloqueurs poursuivent leur laïus: «Ici, on bloque la production de savoir institutionnel pour créer nos propres savoirs» indiquent les personnes masquées. Reste à comprendre comment ils vont sanctionner cet apprentissage. Par des partiels, peut-être? La Commune libre de Tolbiac insiste également sur la nécessité de construire un «rapport de force» avec l’administration de l’université et «in fine avec le ministère de l’enseignement supérieur». Le gros plan final sur le chien sur fond de guitares électriques saturées vient conclure ce moment de communication unique en son genre.

Les jeunes bloqueurs de Tolbiac relaient également leur quotidien à Tolbiac sur le réseau social Twitter. Sur un compte intitulé @TolbiacLibre, ils donnent le programme de l’occupation, réagissent à des articles de presse et donnent des détails de leur vie au sein des murs du campus parisien. Le compte rendu des assemblées générales, des conférences organisées – comme celle avec les sociologues Frédéric Lordon et Bernard Friot, mais également leurs besoins plus sommaires comme ce message qui ressemble à une liste de courses.

Railleries sur les réseaux sociaux

Sur les réseaux sociaux, les moyens de communication des jeunes bloqueurs font sourire. «Si vous voulez être entendus et pris au sérieux par le gouvernement, commencez déjà par avoir l’air crédible» commente par exemple Lucas sous la vidéo. «Même le chien, au bout de 15 secondes, commence à chercher une porte de sortie tellement il a compris qu’elle racontait n’importe quoi» se moque Alexandre, quand Thibault en rajoute également: «Nous exigeons la démission de Poutine, un titre de Ligue 1 pour Rennes, l’indépendance de la Guyane et quatre exemplaires de l’album posthume de Johnny» raille-t-il.

Sur Twitter, un utilisateur malicieux a créé un compte dédié au chien présent dans la vidéo, pour se moquer gentiment des discours et revendication des jeunes de la Commune Libre de Tolbiac. Son premier message? «Help»!