Retrouvez notre chronique de La Mort de Staline, le nouveau film adapté du roman graphique éponyme, en salles demain.

Après une énième soirée à ordonner des arrestations arbitraires et à profiter de la flatterie de ses hommes de main, Staline meurt, au gran dam de ces derniers, qui vont dès lors chercher le moyen d’en tirer le meilleur profit. Ce qui provoquera une guerre des tranchées entre Khrouchtchev (Steve Buscemi, imparable) et Beria, le sadique à la tête de la police stalinienne (Simon Beale, grandiose)…

S’il débute sur le registre de la comédie, certes très grinçante, La Mort de Staline prend de plus en plus d’ampleur dramatique au fil d’un scénario rondement mené. L’humour n’est jamais vraiment absent, mais l’absurdité horrifiante du régime stalinien est là, au détour de chaque scène. Adapté de l’excellent roman graphique éponyme de Fabien Nury et Thierry Rubin, le film en garde une certaine sensation d’urgence en gardant ses deux jours de déroulé (bien que, dans les faits, il a fallu plusieurs mois pour que Beria soit écarté) et son aspect fort documenté sans en être pour autant purement historique. La galerie des personnages, tous truculents, fait le reste – soit dit en passant, on adore la flamboyance hilarante de Jason Isaacs, parfait dans le rôle du célèbre général Joukov.

Tout ceci méritait bien de se faire interdire de diffusion en Russie…