La pollution de l’air cause près de sept millions de décès par an dans le monde

Selon un rapport de l’Institut américain Health effects institute, 4,3 millions de décès dans le monde étaient liés en 2016 à la pollution extérieure et 2,6 millions à celle de l’intérieur.

95% de la population mondiale respire un air dangereusement pollué. C’est la conclusion du rapport annuel sur l’état de l’air dans le monde publié mardi par l’institut américain HEI (Health effects institute).

La pollution de l’air extérieur est la sixième cause de mort précoce dans le monde devant l’alcool, la mauvaise alimentation et le manque d’activité physique, tous âges et sexes confondus. D’après le rapport, en 2016, 4,3 millions de décès dans le monde étaient liés à la pollution extérieure. À elles deux, la Chine et l’Inde représentent plus de la moitié d’entre eux.

En cause, l’émission de particules fines d’un diamètre inférieur à 2,5 micromètres appelées PM2,5. Celles-ci engendrent maladies cardiaques, accidents cardio-vasculaires, cancers des poumons et accidents respiratoires. Par ailleurs, l’ozone, un gaz produit par les réactions atmosphériques aux émissions de CO2, est également responsable de l’augmentation du nombre de décès liés à des maladies respiratoires.

De fortes disparités entre les pays

Selon l’Organisation mondiale de la santé, la concentration des particules fines par rapport à la population devrait être limitée à dix microgrammes par mètre cube d’air. Or, elle est de 204 microgrammes par mètre cube d’air au Niger et supérieure à 120 au Cameroun, en Égypte et au Nigeria. Cela fait de l’Afrique du Nord la région du monde la plus exposée, juste devant le Moyen-Orient et l’Asie du Sud.

Au total, la concentration de particules fines dans l’air par rapport à la population globale a augmenté de 10% depuis 2010, mais les écarts de concentration entre les pays ont également progressé. L’Australie, le Canada, l’Estonie, la Finlande, l’Islande, la Nouvelle-Zélande et la Suède font partie des pays les moins touchés, avec une concentration de particules fines inférieure à 8 microgrammes par mètre cube d’air. En France, elle stagne à 12 microgrammes depuis 2005. «Alors que les pays développés ont pris des mesures pour assainir l’air, de nombreux pays en développement ont pris du retard en privilégiant la croissance économique», explique au quotidien britannique The Guardian Bob O’Keefe, le vice-président du HEI.

Autre facteur de décès, à la huitième place du classement, derrière l’alcool: la pollution de l’air intérieur. Celle-ci est liée à l’utilisation de combustibles solides pour cuisiner ou se chauffer dans certains foyers, comme le bois ou le fumier. Elle représente 2,6 millions de morts en 2016. Selon le rapport, le nombre de foyers qui utilisent ce type de combustibles a tout de même chuté, passant de 3,6 milliards en 1990 à 2,4 milliards aujourd’hui. Pour Bob O’Keefe, cette évolution positive est liée à au développement d’Internet. «Un nombre de croissant de personnes a désormais accès aux informations et aux débats sur la pollution de l’air», explique-t-il.