Elle était l’actrice fétiche (et ex-épouse) de Claude Chabrol.

De « Les Cousins », en 1959 à « L’ivresse du pouvoir » en 2006, sa filmographie compte des dizaines de films. Elle était l’actrice fétiche (et ex-épouse) de Claude Chabrol, avec lequel elle tourna pas moins de 24 films. Colette Dacheville, dite Stéphane Audran est morte, ce mardi à 85 ans, des suites d’une maladie, a annoncé à l’AFP son fils Thomas Chabrol.

« Ma mère était souffrante depuis quelques temps. Elle a été hospitalisée une dizaine de jours et était revenue chez elle. Elle est partie paisiblement cette nuit vers 2 heures du matin », a précisé le fils de l’actrice.

Révélée en 1968 dans « Les biches » de Claude Chabrol, avec un Ours d’argent à la clé à Berlin, Stéphane Audran devient rapidement une figure emblématique du cinéma français des années 70.

Durant cette décennie, celle qui se distingue par une voie traînante joue des premiers rôles marquants dans le « Boucher » et « Les Noces rouges » de Claude Chabrol, sous la direction duquel elle tournera au total une vingtaine de films.

Sa carrière est jalonnée de rôles marquants dans les années 70, dans le « Boucher » et « Les Noces rouges » de Claude Chabrol, ainsi que dans « Le charme discret de la bourgeoisie » de Luis Buñuel, qui reçoit l’Oscar du meilleur film en langue étrangère en 1973.

Stéphane Audran, dans « Juste avant la nuit », de Claude Chabrol. (NANA PRODUCTIONS/SIPA)

« Epatante pour jouer les femmes libres »

Elle participe à un des plus grands longs métrages de Luis Buñuel, « Le charme discret de la bourgeoisie », qui reçoit l’Oscar du meilleur film en langue étrangère en 1973 et qui lui vaut de décrocher un BAFTA de la meilleure actrice en 1974. Elle joue également dans « Vincent, François, Paul et les autres » de Claude Sautet.

Dans les années 80, elle tourne dans « Coup de torchon » de Bertrand Tavernier et dans quelques films étrangers comme « Au-delà de la gloire  » de Samuel Fuller. « Le festin de Babette » du Danois Gabriel Axel, lui aussi récompensé de l’Oscar du meilleur film en langue étrangère en 1988, lui offre un retour éphémère au premier plan.

« Stéphane était épatante pour jouer les femmes libres et indépendantes comme elle l’était dans la vie. Je l’ai dirigée dans ‘Les saisons du plaisir’ avec Sylvie Joly. Beaucoup de metteurs en scène étaient amoureux d’elle et d’ailleurs Claude Chabrol l’a épousée. Il en a fait son actrice fétiche. Elle a été aussi l’égérie des Cahiers du cinéma. Elle était très aimée », a déclaré à l’AFP Jean-Pierre Mocky.