Dans l’édition du 1er janvier du journal, la direction du Monde a publié un édito intitulé « Notre erreur et notre responsabilité » afin de s’expliquer sur la couverture du 29 décembre, qui a suscité la polémique. Emmanuel Macron y était mis en scène dans un montage évoquant les codes graphiques du IIIe Reich.

Jérôme Fenoglio, directeur du journal Le Monde, a renouvelé ses excuses en début de semaine à propos de la couverture controversée de son magazine M datée du 29 décembre dernier, sur laquelle on voyait Emmanuel Macron sur les Champs-Elysées dans un décor pouvant évoquer Hitler et les mises en scène de la propagande nazie.

« Nous avons reçu, depuis trois jours, de nombreux courriels de lecteurs exprimant leur réprobation, voire leur indignation, à l’encontre de la couverture du dernier numéro » explique Jérôme Fenoglio dans un éditorial publié en Une du journal du 1er et du 2 janvier 2019, qui dit aussi regretter « le malaise » autour de cette Une « ratée », qu’il qualifie d' »erreur ».

« Reconnaître ses torts: augmenter sa liberté d’informer »

« Nous avons manqué de discernement dans la validation de cette couverture qui ne correspondait pas au fond du récit consacré à Emmanuel Macron » reconnaît Jérôme Fenoglio dans ce nouveau mea culpa intitulé « notre erreur et notre responsabilité ».

« Puiser dans le vocabulaire visuel d’un courant esthétique du début du XXe siècle, le constructivisme, qui a imprégné les représentations des dictatures qui l’ont suivi, n’était pas un bon choix, puisque cela exposait à ce risque de confusion ».

« Nul n’ignore, au Monde, quel abîme sépare un président de la Ve République des tyrans les plus abjects du siècle dernier. Nul ne jouerait à confondre un démocrate et un nazi » soutient Jérôme Fenoglio.

Samedi, jour de parution de la Une problématique, le quotidien avait déjà présenté ses excuses à ses lecteurs via Luc Bronner, le directeur des rédactions du journal.

« Cette maladresse est d’autant plus regrettable qu’elle introduit du trouble dans une époque où notre rôle est, plus que jamais, d’apporter de la clarté, de la mesure et de la profondeur » admet encore le dirigeant, qui considère néanmoins que « pour un journal, reconnaître ses torts ne revient pas à restreindre mais bien à augmenter sa liberté d’informer, et sa crédibilité pour y parvenir ».

Enfin, le directeur du journal condamne dans son édito les critiques systématiques et les accusations de partialité à l’encontre du journal Le Monde.

« Depuis trois jours, en sus des courriers de nos lecteurs de bonne foi, nous voyons aussi se déployer, autour de cette couverture ratée, l’habituelle tentative de nous caricaturer en ce que nous ne sommes pas: un journal militant, voué au dénigrement systématique du président de la République » déplore-t-il.