Ce matin, à Ivry-sur-Seine, éboueurs et égoutiers ont bloqué le passage des camions vers le plus grand incinérateur d’Europe. Les syndicats appellent à poursuivre ce mouvement.

La création d’un «service public national» des déchets et la «prise en compte de la pénibilité» de leurs tâches : au nom de ces revendications, et alors que les cheminots ont entamé leur mouvement de grève ce mardi, la CGT des transports et des services publics a lancé un appel à la grève chez les éboueurs. Dans un secteur où la contestation monte, on a noté divers degrés de mobilisation à Saint-Ouen, Aubervilliers, Pierrefitte, Issy-les-Moulineaux, Charenton, les Mureaux, mais aussi à Penne-Mirabeau, Anzin, Morlaix, Dieppe, ainsi qu’à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne).

Ce mardi, vers 7 heures du matin, à Ivry, une cinquantaine d’éboueurs et égoutiers ont bloqué le passage des camions vers la déchetterie Syctom Tiru, le plus gros incinérateur européen de déchets. Cette mobilisation a provoqué l’intervention rapide des CRS dans la matinée. Une situation dénoncée par Jawad Mahjoubi, porte-parole de la fédération CGT des services publiques : «On déplore l’absence totale de dialogue social.»

Les forces de l’ordre sont intervenues pour rouvrir «les grilles du site» et «évacuer» les manifestants, selon les propos tenus à l’AFP par Baptiste Talbot, secrétaire général de la CGT des Services publics, alors qu’il quittait le site en début d’après-midi. L’évacuation s’est cela dit déroulée «dans le calme», se félicite une source policière.

Les revendications de ces grévistes ? La reconnaissance de la pénibilité. Les éboueurs réclament ainsi un départ à la retraite anticipé de 5 à 10 ans, selon les fonctions exercées par les employés. La CGT des transports et des services publics souhaite également la mise en place d’un «statut unique public national», dans le cadre d’une réaffirmation du service public.

Alors que la SNCF a fait part des dates de sa grève intermittente, Jawad Mahjoubi assure que le mouvement des éboueurs, à Ivry comme partout en France, n’est pas près de s’arrêter : «C’est une grève reconductible, et tout comme chez les cheminots, la détermination des éboueurs est présente. Je pense sincèrement qu’il faut s’attendre à un printemps de lutte.»

Si moins d’une centaine de personnes était mobilisée sur le site de Syctom Tiru, ce sont trois centres d’incinération qui ont été bloqués en Île-de-France mardi. De leur côté, les éboueurs d’Ivry-sur-Seine l’assurent : «Nous serons encore en grève dans les prochains jours.»