L’élue EELV Michèle Rivasi, qui boycotte vendredi la rencontre entre Edouard Philippe et tous les eurodéputés français, juge qu’elle ne fait pas partie d’une « équipe de France » au Parlement européen. Qu’en est-il réellement?

Vendredi, le Premier ministre Edouard Philippe reçoit à Matignon les députés européens français élus le 26 mai dernier. Mais la France insoumise et les écologistes ont déjà annoncé qu’ils boycottaient la rencontre. La numéro 2 de la liste EELV, Michèle Rivasi, critique la vision du gouvernement de vouloir former une « équipe de France » de députés européens : « Nous représentons l’ensemble des Européens », a-t-elle dit. « Le projet européen a été, et doit rester : un dépassement des égoïsmes nationaux », a-t-elle assuré dans un courrier rendu public.

Une réalité nuancée

Alors qui les eurodéputés représentent-ils? Leur pays ou toute l’Europe?

  1. Les traités stipulent qu’ils représentent les « citoyens de l’Union européenne », sans dire qu’ils les représentent tous. Et un député est censé être libre de toutes instructions de son groupe, comme de son pays. Il n’y a pas de mandat impératif.
  2. « Le Parlement a toujours refusé de discriminer ses membres en fonction de leur citoyenneté, explique Olivier Costa, directeur de recherche à l’institut d’études politiques de Bordeaux, spécialiste des institutions européennes. Il y a une règle : un eurodéputé raisonnable ne s’exprime en tant que député d’un pays. »
  3. Au sein des groupes parlementaires, la logique nationale est prépondérante puisque les députés se rassemblent par partis d’appartenance : dans le groupe du Parti populaire européen (PPE), il y a une délégation des Républicains. « Dans tous les groupes, on peut s’abstenir des règles de votes en fonction des délégations », poursuit Olivier Costa.

Bref, la réalité est plus floue que l’assertion de Michèle Rivasi.