Une semaine après l’évacuation de la jungle de Grande-Synthe, les migrants sont de retour à Grande-Synthe, comme le constate pour notre reporter.

Ils avaient été évacués de la « jungle » jeudi dernier. Une semaine après, les migrants sont pourtant de retour à Grande-Synthe. Selon les associations humanitaires et la mairie, ils seraient à nouveau plusieurs centaines, alors que la Préfecture avait voulu faire « place nette ».

« C’est toujours comme ça ». Ces migrants sont en large majorité originaires du Kurdistan irakien. Ils sont éligibles au droit d’asile mais n’ont qu’un but : passer en Grande Bretagne. Depuis l’évacuation de leur camp, ils errent dans les environs, dans le plus grand dénuement, sans abri, ni accès à l’eau, a constaté notre reporter sur place. « Soit ils sont prévenus des évacuations, soit ils se cachent, soit ils reviennent », explique Henri, de l’association Salam. « C’est toujours comme ça ».

« On ne peut pas rester enfermés dans un foyer ». Comme la plupart de ses compagnons, Rebouas survit dans les sous-bois. Le jeune kurde affirme que la police a tout confisqué, les tentes, les couvertures, les vêtements. « Ce que l’on nous fait subir ici n’est pas humain », déplore-t-il. Pourtant, il n’est pas question pour lui de quitter le littoral. « Rester ici, c’est notre seule chance de passer en Grande-Bretagne. On ne peut pas rester enfermés dans un foyer », ajoute le jeune homme. Mais les autorités ont prévenu : elles ne veulent plus aucun point de fixation de migrants dans la région.

« Ça ne résout rien ». Une impasse selon Suzie, une autre bénévole : « Ils pensent qu’en les virant, ça va résoudre le problème. Ça ne résout rien, car leur objectif est de l’autre côté de la mer. Je ne sais pas en quelle langue il faudrait l’expliquer aux autorités ! », pointe-t-elle. Devant le problème humanitaire, le maire de Grande-Synthe propose la création d’un centre d’accueil d’urgence pour éviter la formation d’autres camps sauvages.