SFR annonce avoir réussi la première connexion 5G sur bande 3,5GHz en France. Tous les acteurs du secteur se livrent à de premiers tests « grandeur nature ».

La course à la 5G, la prochaine génération de téléphonie mobile, est lancée. Les opérateurs français sont entrés dans la course… qui se traduit par une succession d’annonces dans le secteur. Après Orange, qui a annoncé en février le lancement de tests à Lille et à Douai à destination des professionnels, c’est au tour de SFR de dévoiler ses premiers essais.

L’opérateur a annoncé avoir expérimenté une «connexion en 5G, dans les locaux de Nokia, à Saclay (en région parisienne). Bouygues Telecom devrait de son côté effectuer ses premiers tests publics au début de l’été.

D’un point de vue purement technique, il s’agit d’un test sur une partie seulement de la norme 5G internationale, telle qu’elle devrait être définie dans les semaines à venir. Elle concerne la bande de fréquence en 3,5 GHz. Cette expérience vise à démontrer que la 5G tient ses promesses en matière de temps de latence, ramené à la milliseconde, et de débits de plusieurs gigabits. Actuellement, la 4G affiche un temps de latence de l’ordre de 10 millisecondes et un débit maximum théorique de 1 Giga. Ce dernier dépend aussi des équipements disponibles, notamment des smartphones dont disposent les utilisateurs. La zone de couverture d’une antenne en 3,5 GHz est aussi beaucoup plus étendue. Mais ces fréquences dites hautes pénètrent moins bien dans les bâtiments et doivent être complétées par des fréquences basses, comme le 700 Mhz.

Les tests de 5G réalisés par les opérateurs visent aussi à assurer la transition entre la 4G et la 5G. Les équipements réseaux actuellement déployés sont de plus en plus souvent destinés à évoluer pour permettre un passage à la 5G sans avoir besoin de changer d’antennes. Les équipements physiques en place pourront en quelque sorte être mis à jour à distance pour être compatible avec la future génération de téléphone mobile. Néanmoins il manque encore une brique clé au dispositif pour que le «go» à la 5G soit véritablement donné en France: les fréquences n’ont pas encore été attribuées. Le pays va aussi devoir trancher un dilemme: vendre très cher ses fréquences aux opérateurs télécoms, ou faire l’impasse sur son budget et laisser aux opérateurs les ressources financières pour investir plus rapidement? Un premier pas a déjà été fait, privilégiant la deuxième option avec le New Deal dans les télécoms.