Les réfugiés burundais au Rwanda réagissent après l’investiture du nouveau président Evariste Ndayishimiye, jeudi dernier à Gitega. Lors de son premier discours, le successeur de Pierre Nkurunziza a appelé au retour au pays de tous les exilés. Pourtant, au Rwanda voisin où vivent plus de 70.000 réfugiés burundais, les paroles du président n’ont pas rassuré.

avec notre correspondante à Kigali, Laure Broulard

Cela fait cinq ans que Jacques habite à Kigali avec sa femme et ses 4 enfants. Ils ont fui le Burundi en 2015, de peur d’être arrêtés suite à leur participation à des manifestations contre le troisième mandat de Pierre Nkurunziza. Au-delà du discours d’Evariste Ndayishimiye, Jacques voudrait voir des actions concrètes en faveur du retour des réfugiés.

Il appelle de ses voeux un désarmement des jeunesses du parti au pouvoir, les imbonerakure. « Qu’il désarme d’abord ces imbonerakure qui font toujours peur aux Burundais, nous explique t-il, et qu’il essaye de libérer nos amis qui sont en prison depuis cinq ans, et qui sont innocents. Nous avons entendu tellement de paroles lors d’investitures, mais il y a toujours des problèmes pour la mise en pratique »

Pour sa femme Claudette, un retour au Burundi dans le contexte actuel est impossible… « Il a dit lui-même qu’il va suivre l’ancien président. Nous ne pouvons pas retourner dans notre pays alors que ce que nous avons fui n’est pas changé.»

Du côté du Collectif des avocats pour la défense des victimes de crimes de droit international au Burundi (CAVIB), on décrit un discours contradictoire sur la question des réfugiés. « Il a fait un trait d’union entre les exilés et ceux qu’ils appelle les colons. Ce n’était pas un discours de réconciliation » conclut Gustave Niyonzima, vice-président de l’association.