Lot-et-Garonne : la justice examine la demande des anciens « reclus de Monflanquin » qui veulent récupérer leur château

La famille plaide « l’emprise mentale d’un gourou » pour expliquer la vente. La nouvelle propriétaire explique ne pas avoir été mise au courant de cette affaire lorsqu’elle a racheté la propriété.

La cour d’appel d’Agen (Lot-et-Garonne) examine lundi 11 juin la demande des anciens propriétaires du château de Martel, à Monflanquin (Lot-et-Garonne). Ils souhaitent récupérer cette propriété qu’ils ont vendue alors que onze membres de leur famille étaient sous l’emprise du gourou Thierry Tilly, rapporte France Bleu Gironde.

En janvier 2008, les époux Védrines, issus d’une riche famille d’aristocrates, ont été obligés de vendre le château dans lequel ils ont vécu retranchés depuis 2001. En septembre 2015, en première instance, la justice avait donné en partie raison à la famille, estimant que ses membres n’étaient pas en pleine possession de leurs moyens au moment de cette vente. Mais le château a été revendu dès 2009, et il s’agit désormais d’obtenir également l’annulation de la seconde vente.

La propriétaire actuelle plaide la bonne foi

La nouvelle propriétaire plaide la bonne foi expliquant ne pas avoir été mise au courant de cette affaire lorsqu’elle a racheté la propriété. La défense estime pour sa part que, habitant à 20 km de Monflanquin, elle ne pouvait ignorer les circonstances de cette vente, étant donnée sa portée médiatique. « Si la justice veut frapper un grand coup, et dire : ‘Nous sommes plus forts que le gourou’, il faut effectivement leur rendre le berceau de la famille », souligne Me Daniel Picotin, l’avocat des époux Védrines.

« Ce château est dans la famille depuis quatre siècles, c’est une partie de mes tripes. Si un jour je suis contraint de vendre cette maison, je veux que ce soit volontaire. Là, on me l’a volée, explique à France Bleu Gironde, Charles-Henri de Védrines. Si nous n’avions pas été sous l’emprise mentale de ce gourou, la propriété n’aurait jamais quitté le giron familial. »

Thierry Tilly, qui a influencé la famille pendant une dizaine d’années, entre 1999 et 2009, a été condamné, en juin 2013, à 10 ans de réclusion par la cour d’appel de Bordeaux.