Pompiers et policiers de Seine-Maritime dénoncent les conditions dans lesquelles ils sont intervenus pour traiter l’incendie de l’usine Lubrizol à Rouen, le 26 septembre, et certains policiers ont déposé plainte, a-t-on appris mercredi auprès des syndicats.

« À l’initiative de notre syndicat, beaucoup de plaintes ont été déposées par des collègues. D’autres agents qui sont intervenus sur le sinistre sont en train de constituer des dossiers », avance Yann Bertrand, secrétaire du syndicat Unité SGP Police à Rouen.

Dans un communiqué, le syndicat déplore l’absence « de tenue adaptée » ou encore le manque « de dotation individuelle ou collective de masques de protection pour protéger les collègues de risques potentiels ».

Un manque de masques

« Tous les pompiers n’ont pas reçu à temps les masques papiers une fois que le feu était éteint sur site, en fin d’après-midi le jour du sinistre. De même, nous n’avons pas suffisamment de masques à cartouches filtrantes à disposition », indique Mathieu Gibassier, secrétaire général de la CGT du Sdis 76.

« Le week-end suivant l’accident, j’ai reçu des messages de collègues évoquant des nausées, des diarrhées ou encore des toux irritantes », mais « je n’ai pas connaissance d’arrêt maladie et de dépôts de plainte en lien avec l’incendie », ajoute-t-il.

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Jeudi, le secrétaire d’État à l’Intérieur, Laurent Nuñez, avait concédé que « deux ou trois équipages […] n’étaient pas forcément équipés » au moment de l’intervention mais qui l’avaient été « très rapidement ». « Les effectifs qui sont venus après sur le site, notamment pour établir un périmètre de sécurité […] ont été équipés de masques », avait-il ajouté.

« Les pompiers sont inquiets »

En CHSCT extraordinaire le 1er octobre, « a été décidé, par mesure de précaution, de faire réaliser des analyses sanguines à tous les pompiers qui sont intervenus », précise Mathieu Gibassier. « Les effectifs étaient insuffisants au démarrage du sinistre. On a eu du mal à être ravitaillés en habillement. Il y a eu beaucoup de démerde », témoigne-t-il.

« Les pompiers de Seine-Maritime sont inquiets, appuie le syndicaliste. Nous demandons désormais un deuxième CHSCT extraordinaire afin de désigner un expert indépendant pour mener une enquête toxicologique ».

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Chez les policiers, à l’initiative du syndicat SGP Police, un CHSCT départemental extraordinaire s’est tenu mercredi. Le syndicat y a proposé « la constitution d’une délégation d’enquête au niveau du CHSCT Police nationale », qui concerne l’ensemble des policiers français.