Marine Le Pen a invité, à l’Assemblée nationale, mardi 22 mai, un député éyptien à s’exprimer sur l’islam radical. Lors d’une conférence de presse commune, Abderrahim Ali et la présidente du FN ont fustigé « le niveau d’investissement » en France des Frères musulmans et du Qatar.

Mais la venue d’Abderrahim Ali a été critiquée car il tient des positions jugées complotistes, selon The Times of Israel. Sur le site internet de son Centre, il affirme que « le complot contre l’Egypte est permanent depuis la victoire sur Israël pendant la guerre d’octobre 1973 ». « Les États-Unis et Israël font tout ce qui leur est possible pour empêcher que cette victoire ne se répète » et « les auteurs de ce complot n’ont rien trouvé de mieux que le groupe terroriste des Frères musulmans pour diviser la région et l’affaiblir ».

« On est en pleine diabolisation », juge un politologue

Le FN « ne partage en aucun cas » les positions sur Israël du député Abderrahim Ali, proche du pouvoir égyptien, qui se présente comme le directeur du Centre d’études sur le Moyen-Orient, a indiqué jeudi le député FN Louis Aliot.

De son côté, le délégué du FN chargé des études Jean Messiha rappelle que Abderrahim Ali est« en charge de la lutte contre l’influence des Frères musulmans en Europe. C’est à ce titre qu’il a été reçu », mais que cela « ne veut pas dire que nous partageons toutes ses analyses ».

Jean-Yves Camus, politologue spécialiste de l’extrême droite, estime que cette invitation « contredit complètement » la démarche de dédiabolisation engagée par Marine Le Pen. Pour lui, « on est en pleine diabolisation ». Il se demande comment le FN peut, après les violences à Gaza, « expliquer qu’Israël a raison de taper sur les Palestiniens » et « en même temps organiser une conférence de presse avec un individu qui, certes est un ennemi des islamistes, mais en même temps un complotiste antisémite ».