La secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, et l’ancienne garde des Sceaux Christiane Taubira se sont prêtées au jeu des questions-réponses avec des élèves dans le cadre de l’émission Au Tableau, diffusée dimanche sur C8.

« Vous pourriez être ministre dans le gouvernement actuel? » « Non, je n’en ai aucune envie. » Les mots sont de Christiane Taubira. Et la réponse ne surprend guère. L’ex-garde des Sceaux est l’une des prochaines invitées de l’émission Au Tableau, qui invite des personnalités à discuter avec des élèves dans une salle de classe. Ce nouveau numéro est diffusé dimanche 1er avril sur C8* et sont également invités le judoka Teddy Riner, l’homme d’affaires Xavier Niel et Marlène Schiappa, la secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes. Cette dernière est très présente dans les médias. Trop, lui demande un élève? Réponse : « Parfois, j’en ai un peu marre. Mais il faut parler de ce sujet. La télé est un bon moyen pour rentrer un peu dans leur famille et animer ces discussions-là. »

Taubira : « Plus on m’insultait, plus je rayonnais »

Christiane Taubira devant les élèves de l’émission Au Tableau.

Dessin explicatif, interrogation surprise… Les deux femmes ne coupent pas aux exercices préparés par les élèves. Ainsi, Christiane Taubira est « collée » quand il faut donner les définitions de trois nouveaux mots – bolosse, rouméguer et hipster – entrés récemment dans le dictionnaire. Interrogée sur trois mesures d’Emmanuel Macron, à savoir la réforme du bac, la police de sécurité du quotidien et l’interdiction des peines de moins de 1 mois de prison, l’ancienne ministre répond y être favorable, mais… « Je n’aime pas les trucs binaires. Ce n’est pas un oui net parce que c’est plus compliqué que ça », explique celle qui devra, au tableau, expliquer la déchéance de nationalité.

L’occasion d’évoquer ce désaccord qui l’avait poussé (même s’il n’y a pas eu que ça) à démissionner du gouvernement Valls. « Le terroriste est déjà mort ; par contre, les binationaux vivants seraient en fragilité dans la Constitution. C’est dangereux », résume Christiane Taubira, qui revient aussi, questionnée par un jeune élève atteint d’une maladie musculaire, sur les insultes subies lors du mariage pour tous. « Il faut toujours savoir que ce n’est pas toi le problème. Le problème, c’est l’imbécile qui n’a rien compris et qui croit qu’il est autorisé à t’insulter. Ne te mets pas à souffrir. (…) Moi les insultes, ça y allait. Mais plus on m’insultait, plus je rayonnais. »

Schiappa : « Les garçons ont le droit de jouer à la poussette »

« Détachez-vous. » Voilà le slogan de campagne que Marlène Schiappa choisirait pour… elle. Bien aidée par une jeune élève, la secrétaire d’Etat à l’Egalité entre les femmes et les hommes l’écrit au-dessus d’une photo où on la voit strict, les cheveux tirés en arrière. Pour Marion Maréchal-Le Pen, elle opte pour « Ne votez pas pour moi » ; quant à Laurent Wauquiez, ce sera : « Ça restera entre nous ». Clin d’œil appuyé aux propos du patron des Républicains devant des étudiants lyonnais.

Marlène Schiappa est aussi venue passer quelques messages à la jeune génération. « Les garçons ont le droit de jouer à la poussette, de pleurer quand ils sont tristes ou qu’ils se sont fait mal, comme les filles », développe-t-elle, alors que les questions des élèves sont nombreuses sur ce sujet de l’égalité. Et la secrétaire d’Etat ne manquera pas de devoir expliquer sa position suite aux accusations visant Gérald Darmanin et Nicolas Hulot. La question : « Pourquoi ne défendez-vous pas les femmes quand ce sont vos collègues qui sont accusés d’agression sexuelle? » Sa réponse : « Mon travail, c’est de conduire des politiques publiques (…) pas de rentrer dans chaque affaire. (…) C’est à la justice de travailler et aux juges de nous dire s’ils estiment qu’ils sont coupables ou pas. »

Teddy Riner futur ministre des Sports?

Directs, les élèves n’hésitent pas non plus à aborder la vie privée des invités. A Christiane Taubira, l’une demande si elle aimerait se remarier. « Ça te plairait? Ben, moi aussi! », lance en riant l’ancienne garde des Sceaux. A Marlène Schiappa, une autre lui demande pourquoi « elle a obligé son mari à démissionner ». « Comme tu y vas! », rétorque l’intéressée, qui explique alors que son mari s’est mis à son compte et que c’est leur « organisation de famille ». « En tant que femme je dois me justifier (…) alors que je n’ai jamais entendu un homme politique devoir se justifier sur l’activité, la non-activité, ou la carrière amoindrie de sa femme depuis qu’il est en politique. C’est un peu une forme de sexisme aussi », poursuit la secrétaire d’Etat.

Il y a une similitude entre les deux femmes. Chacune a choisi d’apporter un livre aux élèves : Le voyage des mots de l’Orient vers la langue française d’Alain Rey pour la première ; Le chien couchant de Françoise Sagan pour la seconde.

Teddy Riner dans la salle de classe.

Teddy Riner et Xavier Niel font également partie des invités qui se livrent aux élèves, face caméra. Le judoka confie ainsi avoir voté pour Emmanuel Macron à la présidentielle et affirme qu’il ne refuserait pas un poste de… ministre des Sports.

*Au Tableau, avec Christiane Taubira, Xavier Niel, Marlène Schiappa et Teddy Riner. Diffusion dimanche 1er avril sur C8 à 21 heures.