Alors que Benjamin Griveaux et Hugues Renson font figure de favoris pour affronter Anne Hidalgo en 2020, certains parlementaires verraient la candidature du Premier ministre d’un bon oeil. Emmanuel Macron devra trancher.

Les temps sont rudes pour Anne Hidalgo. Attaquée de toutes parts, la maire de Paris semble plus fragilisée que jamais après l’annulation de la fermeture des voies sur berge. À cela s’ajoutent le fiasco du nouveau Vélib’, la polémique Michel Déon, et la gronde sur l’état de propreté médiocre de la capitale. Autant de couacs qui, en définitive, rendent le scénario d’un second mandat de plus en plus hypothétique pour la maire socialiste.

D’autant qu’à deux ans des élections municipales, ces revers successifs tombent à point nommé pour les adversaires politiques d’Anne Hidalgo. À commencer par les marcheurs qui ambitionnent eux aussi de mettre la main sur Paris. Bien que le parti présidentiel n’a pas encore dévoilé l’identité de son candidat, la bataille est engagée en coulisses et des noms circulent déjà, avant que le président Emmanuel Macron ne se charge de trancher.

Édouard Philippe candidat plausible?

Parmi les noms les plus souvent avancées, Benjamin Griveaux et Hugues Renson semblent les mieux placés pour tenter de ravir la mairie à Anne Hidalgo. Plus surprenant, le nom du Premier ministre Édouard Philippe commence à devenir récurrent « dans les sphères politiques parisiennes », selon Le Figaro.

L’hypothèse peut paraître farfelue et pourtant, de nombreux élus verraient une candidature de l’ancien maire du Havre dans la capitale comme un bon compromis, d’après le quotidien. De son côté, Matignon dément et s’amuse de ce curieux projet. Du moins pour le moment.

Griveaux dans les starting-blocks

Reste qu’au sein de la macronie, l’actuel porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, fait figure de grand favori pour faire face à Anne Hidalgo en 2020. Ses ambitions semblent claires, bien que ce macroniste de la première heure, interrogé sur son avenir, ne laisse rien fuiter et continue de botter en touche en rappelant que l’échéance est encore lointaine:

« On juge un mandat à l’issue du mandat. Le mandat de Madame Hidalgo se termine en 2020. Nous sommes en 2018. C’est à la fin qu’on juge un mandat et pas avant », a-t-il souligné sur RTL.

Pourtant, Benjamin Griveaux est déjà dans les starting-blocks, à en croire Le Figaro. Mi-février, l’élu de la 5e circonscription de Paris a réuni plusieurs parlementaires LaREM lors d’un dîner. « L’élection à Paris se gagne sur un projet, en aucun cas sur une bobine », a notamment lâché celui qui veut une « machine qui fonctionne pour Paris ».

Hugues Renson absent

Une douzaine de personnes ont répondu à l’appel pour échanger autour des grands enjeux de la capitale. En revanche, quatre députés étaient absents, indique RTL. Parmi eux, Hugues Renson, élu dans la 13e circonscription de Paris, et également pressenti pour briguer l’Hôtel de ville.

Néanmoins, ce dernier aurait joint Benjamin Griveaux par téléphone pour le prévenir et s’excuser, coupant court aux rumeurs de rivalité entre les deux hommes. Aussi, ces derniers ont-ils « sceller un pacte de non-agression » en octobre dernier, en attendant que le président fasse son choix.

Un accord entre Hidalgo et LaREM?

Certains élus, proches à la fois d’Anne Hidalgo et du parti présidentiel, tentent de leur côté de préparer une alliance entre la maire de Paris et la majorité et ce, pour éviter qu’un marcheur ne brigue la mairie en 2020. « Si un maire a bien fait son boulot, je suis prêt à le soutenir. Ça peut être le cas d’Anne Hidalgo, mais aussi ne pas être le cas », avait affirmé sur RTL Christophe Castaner, délégué général LaREM, laissant la voie ouverte à cette hypothèse.

L’Élysée avait en outre mis un terme à l’initiative de certains élus parisiens LaREM qui souhaitaient publier une lettre à charge contre Anne Hidalgo après l’annulation de la fermeture des voies sur berge.

Pour autant, un accord semble peu probable. D’abord parce que les relations entre Emmanuel Macron et Anne Hidalgo ont toujours été très tendues. Ensuite, parce qu’il semble peu envisageable de voir Benjamin Griveaux, grand favori, accepter une place de numéro 2 à la mairie de Paris. Dans ces conditions, le duel semble inévitable.