A 23h59 ce mercredi, les étudiants devront avoir finalisé leurs dossiers d’inscription sur Parcoursup. A cette occasion, des familles découvrent qu’elles doivent s’acquitter de frais de traitement de dossier. « Une sélection sur l’argent », dénonce la Fédération des associations générales étudiantes.

Les futurs bacheliers et étudiants en réorientation n’ont plus que quelques heures pour finaliser leurs dossiers d’admission post-bac sur Parcoursup. Avant 23h59 ce mercredi, ils devront s’être assurés que leurs vœux sont motivés et validés, et qu’ils ont bien envoyé les éléments réclamés par chaque formation. Parmi ces pièces, une demande bien spécifique surprend: l’acquittement de frais de candidature.

Des frais de 37 à 150 euros

Souvent ignoré des familles, cet élément – pourtant pas nouveau – peut être imposé par des écoles publiques ou privées. C’est le cas par exemple de l’Ensab (Ecole nationale supérieure d’architecture de Bretagne) qui précise sur son site Internet que les candidats non-boursiers doivent s’acquitter d’une somme de 37 euros, non-remboursable même dans l’hypothèse où l’étudiant ne serait pas retenu par l’école. Cet argent sert à effectuer « une première étude des demandes de pré-inscription [qui] repose sur l’examen des dossiers scolaires et de la lettre de motivation par une commission ad hoc ».

« Ces frais de traitement de dossier d’inscription varient de 37 à 150 euros selon les établissements sélectifs comme les écoles d’ingénieurs et d’architecture », précise à BFMTV.com Orlane François, présidente de la Fage. Si les dix vœux auxquels les étudiants ont droit engendrent une dépense de candidature, postuler peut vite coûter très cher.

« On prône l’égalité des chances ? Plus vous avez de l’argent, plus vous pouvez émettre de vœux et donc multiplier les chances de réaliser le rêve de votre enfant, s’indigne la mère d’une lycéenne du Morbihan interrogée par Ouest-France. Tout est bon pour racketter les familles ! »

« Sélection sur l’argent »

« Le supérieur effectue déjà une sélection sociale de ses étudiants, avec les frais de pré-inscription s’ajoute une sélection sur l’argent », critique la présidente de la Fage qui affirme que ces sommes découragent de nombreux jeunes à postuler dans les formations qui les intéressent.

« Au moment de valider leurs vœux, comme ce sera le cas ce mercredi soir, certains étudiants vont découvrir qu’ils doivent débourser plusieurs centaines d’euros. S’ils sont dans l’incapacité de payer, ils vont peut-être se retrouver sans choix ou bien n’en garder qu’un seul pour limiter les frais et cela réduit drastiquement leurs chances d’accéder à la formation qui les intéresse », regrette-t-elle.

La Fédération des associations générales étudiantes se bat donc pour obtenir la gratuité des traitements des dossiers. « On a réussi à obtenir une première amélioration avec les soins infirmiers. Avant, les élèves devaient passer de multiples oraux, ce qui leur coûtait très cher. Désormais, la sélection se fait uniquement par dossier, ça leur permet de faire quelques économies », indique Orlane François. Un premier pas dans la bataille pour une accession aux études supérieures moins sélective.