Pour la présidente LR de la région Ile-de-France, « le fossé se creuse entre le pouvoir et la vraie vie ». Quant à Laurent Wauquiez, il ne doit plus faire «une course aux décibels».

Un an après l’élection d’Emmanuel Macron, la France va-t-elle «mieux»? Pas si simple pour Valérie Pécresse. Dans Les Echos, la présidente LR de la région Ile-de-France confie, «il y a un an, la France a poussé un soupir de soulagement. Parce qu’elle a évité les extrêmes et a mis fin au quinquennat calamiteux de François Hollande . On a aujourd’hui un président qui incarne la fonction et qui décide. De cela, les Français sont plutôt satisfaits».

Mais Valérie Pécresse de poursuivre sans ménagement: «Maintenant, si l’on porte un jugement global sur l’action du président, l’habileté de la forme qui masque les insuffisances du fond». Pour elle, «le fossé qui se creuse entre le pouvoir et la vraie vie».

Avec Emmanuel Macron, tout a augmenté «sauf les salaires et les retraites. Tout compris, la ponction fiscale sur les classes moyennes est supérieure à celle du quinquennat Hollande et le gouvernement vit dans le déni de cette réalité».

La course aux décibels

Autre exemple de faiblesse du président à son sens: le pouvoir régalien. «Nous avons dans les quartiers populaires une spirale délinquance-communautarisme-radicalisation religieuse très alarmante, dont le président semble ne pas avoir pleinement conscience».

Elle affirme que «l’exécutif est très en deçà de ce qu’il faut faire». Et insiste: «malgré des paroles viriles, la loi immigration est une loi sans grand contenu qui ne sera pas suivie d’effets. Emmanuel Macron avait fait la promesse de libérer les énergies, de rapprocher le pouvoir des citoyens, elle n’est pas tenue».

Guère enthousiasmée par Emmanuel Macron, Valérie Pécresse n’est pas tendre non plus avec les premiers mois de présidence de Laurent Wauquiez à la tête de LR. «Nous ne devons pas faire une course aux décibels mais une course à la crédibilité et, dans cette course, reconnaissons que nous partons avec un peu de retard! Ce que les Français attendent de l’opposition, ce sont des solutions alternatives et crédibles. Promettre un référendum sur l’immigration ne me paraît pas en être une. Pourquoi pas un référendum «pour ou contre le chômage»?»

La France de retour en Europe

Pour elle la droite doit être audacieuse, «briser des tabous». Elle propose par exemple de réformer l’assurance-chômage afin que «les entreprises qui ont le courage de garder leurs salariés paient moins de cotisations chômage que celles qui licencient. Il faudra des idées neuves et l’ascenseur social doit être au coeur de nos propositions. C’est pour cela que j’ai créé le mouvement Libres!».

Enfin sur l’Europe, elle souhaite une droite résolument pro-européenne, mais «euro-lucide», qui s’engage à améliorer le fonctionnement de l’Europe. «Je crois à l’Europe des 27, pas à des cercles concentriques qui fractureraient l’Europe au lieu de la renforcer. Stoppons l’élargissement pour renforcer nos coopérations sur les sujets cruciaux de l’Europe de demain: protection des frontières, réindustrialisation… En ce jour de célébration de la journée de l’Europe, elle veut que «La France doit être de retour en Europe. Il est hallucinant d’envoyer des députés européens à Bruxelles qui ne parlent pas l’anglais, ou qu’un directeur d’administration centrale en France puisse ne pas avoir été une fois dans sa carrière à Bruxelles. Elle assure que Laurent Wauquiez lui a garanti que notre ligne sera pro-européenne. Je le jugerai sur ses actes», prévient-elle.