Le pape François avait refusé, en début de semaine, la démission du cardinal Philippe Barbarin, condamné pour non dénonciation des abus sexuels d’un prêtre.

Le pape François a accepté la démission du cardinal chilien Riccardo Ezzati, archevêque de Santiago, qui avait présenté cette démission en mai 2018 comme l’ensemble des évêques chiliens à la suite d’une série de scandales d’abus sexuels, a annoncé le Vatican ce samedi 23 mars.

Cette décision intervient alors que, selon les médias chiliens, une cour d’appel chilienne a confirmé vendredi des poursuites engagées contre le cardinal Ezzati pour ne pas avoir dénoncé des abus sexuels commis par trois prêtres.

Convoqué par un procureur chilien en octobre, Mgr Ezzati, le plus haut dignitaire de l’Eglise catholique dans le pays, avait gardé le silence, tout en promettant devant la presse la plus grande collaboration.

Elle intervient aussi après le refus lundi du pape argentin, au nom de la présomption d’innocence, de la démission du cardinal français Philippe Barbarin, condamné en première instance à six mois de prison avec sursis pour non dénonciation des abus sexuels d’un prêtre.

En octobre, François avait accepté, avec réticence, la démission du cardinal américain Donald Wuerl, archevêque de Washington, soupçonné par un jury populaire d’avoir étouffé un vaste scandale d’agressions sexuelles en Pennsylvanie (nord-est). Il n’était pas sous le coup d’une condamnation directe.

Visite controversée

Le Chili est l’un des pays les plus gravement touchés par le scandale des abus sexuels commis par des membres du clergé et de leur gestion par les autorités ecclésiastiques.

Le pape François y avait effectué une visite très controversée en janvier 2018, qui avait débouché en avril de la même année sur une lettre aux évêques chiliens en forme de mea culpa dans laquelle il reconnaissait des « erreurs d’appréciation » sur le scandale d’abus sexuels qui secouait l’Eglise chilienne.

Après avoir longuement écouté des victimes, le pape avait convoqué tous les évêques chilien au Vatican en mai 2018, pour trois journées d’introspection à l’issue desquelles tous les évêques avaient remis leur démission.

Depuis, le pape argentin avait accepté sept de ces démissions. A la mi-janvier, il avait reçu cinq prélats chiliens au Vatican, dont Mgr Ezzati, avec qui il avait eu un « dialogue très fraternel », selon la conférence épiscopale chilienne.