Après avoir annoncé un retrait rapide de Syrie, Donald Trump a indiqué que le rapatriement des troupes américaines se ferait « lentement ». Voici comment le président des Etats-Unis a changé d’avis.

Après avoir annoncé un retrait rapide de Syrie, Donald Trump a indiqué que le rapatriement des troupes américaines se ferait « lentement ». Voici comment le président des Etats-Unis a changé d’avis.

Quand aura lieu le retrait des troupes américaines de Syrie? Après l’annonce de Donald Trump le 19 décembre, aucun calendrier n’avait été détaillé, mais plusieurs responsables américains avaient évoqué un retrait rapide. « Nos garçons, nos jeunes femmes, nos hommes, ils rentrent tous, et ils rentrent tous maintenant », avait même déclaré Donald Trump. Mais 10 jours après cette annonce, le président des Etats-Unis ne semble plus être aussi pressé. Lundi, il a finalement évoqué un retrait « lent » des quelque 2.000 soldats actuellement déployés dans le nord de la Syrie.

La décision de Donald Trump avait choqué ses alliés et même certains de ses plus proches conseillers. Son secrétaire à la Défense Jim Mattis a d’ailleurs annoncé dans la foulée qu’il quittait son poste, tout comme Brett McGurk, l’émissaire des Etats-Unis pour la coalition internationale anti-djihadistes.

L’entourage a réussi à « ralentir les choses »

La formulation employée par Donald Trump – « Nous avons vaincu l’Etat islamique » – avait aussi provoqué une levée de boucliers. Dimanche sur la chaîne ABC News, le général à la retraite Stanley A. McChrystal soulignait que le danger de l’Etat islamique résidait davantage dans son « idéologie » que dans « le nombre de combattants » dont le groupe dispose en Syrie.

Face à ces critiques, Donald Trump a tenu à rester ferme, au moins sur la forme : « Maintenant que je commence à me retirer, les médias ‘Fake News’, ou des généraux ratés incapables de faire le travail avant mon arrivée, aiment à se plaindre de moi et de mes tactiques », a-t-il raillé lundi sur Twitter. Mais sur le fond, le président américain a bien infléchi sa position.

Le sénateur républicain Lindsey Graham, qui considère le retrait des forces américaines comme une erreur, s’était dit dimanche « rassuré » après avoir rencontré le président à la Maison-Blanche. « Le président comprend qu’on a besoin de finir le travail », avait-il expliqué. « Nous allons ralentir les choses d’une manière intelligente ». Il a affirmé que la visite du président américain en Irak, la semaine dernière, avait été déterminante.

Le risque de laisser la voie libre à des rivaux

La semaine dernière, le président américain avait déjà dit avoir évoqué avec son homologue turc Recep Tayyip Erdogan « le retrait lent et extrêmement coordonné des troupes américaines de la région ». De hauts responsables militaires américains ont multiplié les mises en garde contre un retrait précipité qui laisserait la voie libre aux alliés de Bachar al-Assad : la Russie, grande rivale des Etats-Unis, et l’Iran, bête noire de l’administration Trump.

Certains craignent également que les Kurdes, alliés de la coalition, ne fasse les frais de ce retrait. La Turquie pourrait en effet lancer une offensive contre les YPG dans le nord de la Syrie. Le président Trump « est conscient du problème, il a promis de parler à la Turquie pour qu’il y ait une zone tampon », avait déclaré Lindsey Graham dimanche. « La dernière chose que nous voulons c’est une guerre entre la Turquie et les Kurdes, qui enlèverait la pression sur l’EI ».

Selon de nombreux spécialistes, l’Etat islamique a adapté depuis plusieurs mois sa stratégie en Syrie et en Irak, passant peu à peu à la clandestinité et suivant des méthodes de guérilla. Une mutation qui complique l’estimation du nombre de djihadistes du groupe terroriste encore actifs sur place. Mi-décembre, un djihadiste contacté par le New York Times soulignait la menace qui pèse encore dans cette zone : « Dès que la coalition cessera ses raids aériens, nous reviendrons immédiatement. »