La surpopulation carcérale, vieux mal des prisons françaises, est régulièrement montrée du doigt pour expliquer les tensions.

Le nombre de personnes incarcérées dans les prisons françaises s’élevaient à 69.596 au 1er février, un chiffre en hausse de 0,8% en un an, affectant surtout les mineurs et les femmes, a annoncé jeudi l’administration pénitentiaire. Au total, 80.893 personnes étaient écrouées (dont celles portant un bracelet électronique) au 1er février, soit une hausse de 1,3% de la population carcérale.

Des disparités géographiques importantes.

Dans l’ensemble, « les densités carcérales des mineurs et des femmes restent inférieures à 100% » d’occupation, indique l’administration. Il existe néanmoins de « fortes disparités géographiques » comme à Toulouse où « 175 femmes détenues occupent 105 places » ou en Île-de-France, où « l’ensemble des quartiers et établissements pour mineurs est à saturation » ce qui ne permet « plus toujours de garantir l’encellulement individuel des jeunes détenues ».

Des efforts pour réduire la surpopulation carcérale.

En un an, la densité moyenne sur l’ensemble des établissements a légèrement baissé passant de 118% en février 2017 à 116%. Toutefois, en maison d’arrêt, elle atteint 141% comme un an plus tôt. Dans la région parisienne, la surpopulation (sauf Versailles) dépasse 145%, avec plus de 4.700 détenus en surnombre, tandis que la région de Marseille connaît une baisse annuelle (passant de 149% à 127%), un résultat obtenu notamment grâce à l’ouverture de la maison d’arrêt de Draguignan en janvier 2018.

Le directeur de l’Administration pénitentiaire, Stéphane Bredin, a estimé récemment devant le Sénat qu’il manquait « plus de 15.000 places de prison » et que « l’effort de construction consenti depuis 30 ans ne rattrape pas l’augmentation continue (…) de la population pénale ». La ministre de la Justice, Nicole Belloubet, a dit espérer que 10.000 des 15.000 nouvelles places promises par Emmanuel Macron durant sa campagne seront réalisées « à la fin du quinquennat ».