Le chaotique G7 au Canada est devenu célèbre pour le jeu de photos auquel se sont livrés les services communication des différents chefs d’État et par le désengagement en un tweet de Donald Trump du communiqué commun. Un correspondant d’une chaîne américaine a ajouté mercredi au tableau qu’il avait aussi été le décor d’une scène très tendue entre le président des États-Unis et la chancelière allemande.

La scène, immortalisée en images et disponible sous plusieurs angles, a beaucoup fait pour la notoriété d’un G7 canadien qui s’est achevé il y a une dizaine de jours par le fiasco du tweet de Donald Trump, annonçant qu’il se désolidarisait du communiqué commun. On y voit Shinzo Abe, Emmanuel Macron et Angela Merkel, debout, face à la moue de Donald Trump, assis, les bras croisés.

Or, on ne savait pas encore tout des dessous de ce sommet tumultueux. Ian Bremmer, patron du groupe Eurasia et correspondant de la chaîne de télévision américaine CBS News, a jeté mercredi un nouvel éclairage sur la rencontre, en particulier sur les relations entre le président des États-Unis et la chancelière allemande, en première ligne sur le cliché et qu’il se refuse à regarder. Une scène a frappé son attention:

« Visiblement, il n’aimait pas que les autres donnent l’impression de s’être donné le mot contre lui. Finalement, il a dit: ‘D’accord, je vais signer le communiqué’. À ce moment-là, il s’est levé, a mis la main dans la poche de la veste de son costume, en a sorti deux friandises Starbust, les a lancés sur la table et a dit à Angela Merkel : ‘Tiens Angela, et ne dis pas que je ne te donne jamais rien’. »

Ian Bremmer a analysé: « Les deux leaders, à l’évidence, ne se respectent pas. (…) Trump voit les institutions internationales comme une contrainte et non comme une opportunité. » Et d’après l’observateur, Angela Merkel n’est pas la seule à avoir fait les frais du dédain de Donald Trump. « On sait que quand Donald Trump ne veut pas assister à un événement, il arrive tard, repart tôt. Il a jeté ses écouteurs de traduction quand le président français était en train de faire son discours », a-t-il dit.

S’il existe une animosité indéniable entre Donald Trump et Angela Merkel, elle ne repose pas uniquement sur une incompatibilité de caractère. Comme le note France 24, Donald Trump blâme aussi un excès d’exportations allemandes vers son pays et accuse l’Allemagne de payer insuffisamment dans le cadre de sa participation à l’OTAN. Selon une politologue de l’université de Hanovre spécialiste des États-Unis, Christiane Lemke, citée par l’article, le chef d’État américain a également du mal à passer outre le passé politique de son interlocutrice. Angela Merkel « avait réussi à nouer de très bonnes relations avec Barack Obama, ce qui est une tare pour Donald Trump, qui passe son temps à essayer de détruire tout ce que son prédécesseur à la Maison Blanche a fait”, remarque-t-elle.

Donald Trump ne manque en tout cas aucune occasion d’agacer la chancelière. Mardi, alors que le gouvernement allemand est fragilisé par la volonté du ministre de l’Intérieur Horst Seehofer d’un durcissement de la politique migratoire, il a tweeté: « Le taux de criminalité est monté de 10% en Allemagne (les autorités ne veulent pas divulguer ces crimes) depuis que les migrants y sont acceptés ». Angela Merkel a aussitôt rétorqué: « Ma réponse est que le ministère de l’Intérieur a présenté les statistiques de la criminalité il y a peu de temps et qu’elles parlent d’elles-mêmes ».