Il avait juré qu’il était rangé. Qu’il avait tourné la page et que son passé judiciaire était derrière lui. Mais comme ses promesses datant de 2010 paraissent désormais lointaines. A l’époque, est suspecté d’avoir été en contact avec le parrain corse Jacques Mariani. Une alliance inédite entre ces deux galaxies de la voyoucratie dont le braqueur comptait, semble-t-il, profiter pour fuir. Le projet n’a pas prospéré. Et Jacques Mariani a depuis été réincarcéré.

Il contrôle les autres et obtenir ce qu’il souhaite

L’évasion spectaculaire de dimanche prouve en tout cas que Redoine Faïd sait s’entourer. L’expert psychiatre qui l’avait examiné dans le dossier Fouquet le décrivait comme un « prédateur social ». « Il utilise les qualités de sa personnalité, charme, charisme, intelligence, courage, réactivité… pour contrôler les autres et obtenir ce qu’il souhaite », détaillait l’expert. « C’est l’un des rares dans le milieu à pouvoir réunir une équipe susceptible de monter une opération comme celle-là. Il a les moyens de payer ou de les associer à un gros coup », souligne une source policière.

Cette fois, ses complices ont pris en otage un pilote d’hélicoptère, à l’ancienne. « Je savais qu’il s’évaderait une nouvelle fois, confie Me Laurent-Franck Liénard, l’avocat de la famille d’Aurélie Fouquet. C’est sa marque génétique. C’est un homme épris de liberté, il ne pouvait pas supporter de passer la fin de ses jours en détention. »

En 2017, le braqueur chevronné avait écopé de dix ans pour l’évasion de Sequedin. Or, compte tenu de sa nature, cette peine venait nécessairement s’additionner à ses précédentes condamnations. « Non seulement je savais qu’il retenterait sa chance, mais j’étais persuadé que sa tentative serait couronnée de succès. On ne tente pas une évasion quand on est Redoine Faïd, on la réussit », poursuit Me Liénard qui, dimanche matin, s’est entretenu avec l’ancien compagnon d’Aurélie Fouquet : « Il est abasourdi ».