La nouvelle marque a été lancée, lundi à Paris, par le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, en présence de Christian Estrosi, maire de Nice. Renaud Muselier a également évoqué des relations difficiles entre l’Etat et les régions.

«Mort à l’acronyme Paca! Vive la région Sud!» Le slogan n’a pas été prononcé exactement en ces termes mais c’était bien le sens de la petite opération politique menée, lundi matin à Paris, dans les salons de la Maison de la Métropole Nice-Côte d’Azur. Franck Louvrier, ex-responsable de la communication de Nicolas Sarkozy et actuel directeur de la communication et des relations institutionnelles des lieux, destinés à valoriser les atouts de la région, accueille les visiteurs avec le sourire. Le producteur et homme de télé Xavier Couture est également présent pour assurer la présentation d’un «événement non-négligeable».

Très vite, l’animateur lance un clip sur les atouts de la région. Plusieurs figures de la société civile ont été sollicitées bénévolement pour confier leur attachement au Sud. On entend les comédiens Michèle Laroque et Kad Merad, les sportifs Julie Gautier, Pierre Vaultier et Guillaume Néry, le chef cuisinier Alexandra Mazzia, l’architecte Rudy Riciotti… «Ils sont d’ici, ils sont du Sud», lit-on sur la plaquette de lancement. La nouvelle marque Région Sud chapeaute les trois marques Provence, Alpes et Côte d’Azur, ainsi que le blason régional, à peine revisité.

Pour Renaud Muselier, l’ambition est de faire émerger le Sud comme une référence immédiatement identifiable et le symbole d’une «identité retrouvée», sans faire disparaître les trois entités culturelles mais en essayant de faire oublier l’acronyme «Paca». «Cette région mérite bien mieux qu’un acronyme», insiste Muselier. Il prend soin de préciser qu’il n’est pas question de changer le nom de la région – ce qui exigerait un vote de la collectivité – mais de lancer une marque. «Nous changerons tous nos satellites. Par exemple, Paca Invest deviendra Sud Invest… Nous allons aider les ligues et les fédérations à venir vers le beau, le fort, le dense, le visible, le compréhensible, le magnifique. C’est à dire le Sud».

«Dialogue avec l’Etat en très grande difficulté»

Interrogé sur la position de la région Sud face au projet gouvernemental de contractualisation entre l’Etat et les collectivités, Renaud Muselier s’est montré perplexe. Il a révélé l’existence d’une réunion téléphonique, dimanche soir à 21h30, avec la totalité des régions. Celles-ci doivent prendre une décision fin juin sachant qu’Hervé Morin, président des régions de France, avait récemment exprimé son hostilité face à ces contrats en dénonçant un manque de concertation réelle avec le gouvernement. Son coup de gueule avait été soutenu par l’Assemblée des départements de France et l’Association des maires de France. «Nous sommes partagés, a résumé Muselier, les deux tiers ne veulent pas signer. Notre problème est très simple: on nous impose 1,2% en terme de trajectoire financière, l’Etat est à 2,6%. De surcroît, ils nous font des transferts de compétence avec des charges supplémentaires sans jamais vouloir les réintégrer» a regretté le président régional LR. Selon lui, il existe une convergence «à 100%» entre toutes les régions contre la «recentralisation manifeste du gouvernement français». «Sous prétexte de bonne gestion financière, il veut nous faire plier» a dénoncé Renaud Muselier.

Si Christian Estrosi fut l’un des premiers présidents de métropoles à soutenir la contractualisation, lundi matin, en tant que président délégué à la coordination des politiques régionales, des grands évènements et de la culture, il n’a pas voulu se désolidariser totalement des craintes régionales. «Je ne voudrais pas que vous nous mettiez en contradiction, puisque bien évidemment je suis en totale harmonie sur les choix comptables et budgétaires. Je pense que c’est une faute du gouvernement de vouloir mettre toutes les collectivités sur le même pied d’égalité», a déclaré le maire de Nice. Pour sa part, Renaud Muselier ne s’est pas montré très optimiste sur la possibilité de s’engager avec l’Etat. «Les régions sont plutôt de bons élèves sur le plan financier mais se retrouver dans un schéma où il y a manifestement une recentralisation de la totalité du pouvoir, avec notre mise sous tutelle par l’intermédiaire des préfets, cela va à l’encontre de la décentralisation que nous avons vécue depuis la loi defer= »defer » re (1982-1983)» a critiqué le président de la région Sud, en renvoyant le gouvernement d’Edouard Philippe à ses «obligations». «Le dialogue avec l’Etat est en très grande difficulté» a reconnu l’élu régional.