L’ancien secrétaire d’État italien devenu conseiller d’Édouard Philippe, Sandro Gozi, a annoncé mercredi sa démission, après avoir été soupçonné d’avoir collaboré avec le gouvernement maltais tout en étant à Matignon.

L’ancien secrétaire d’État italien devenu conseiller d’Édouard Philippe, Sandro Gozi, a annoncé mercredi dans un courrier transmis à l’AFP sa démission, après avoir été soupçonné d’avoir collaboré avec le gouvernement maltais tout en étant à Matignon.

Dénonçant de « viles attaques », l’Italien a décidé de démissionner pour « retrouver la pleine liberté de parole » afin de se défendre et « éviter toute instrumentalisation politique qui pourrait porter préjudice au chef du gouvernement » français. Lundi, Le Monde et le quotidien maltais Times of Malta ont affirmé que Sandro Gozi travaillait également pour le Premier ministre maltais Joseph Muscat.

« Le contrat maltais mentionné dans la presse régit légalement une mission de conseil effectuée en tant que consultant externe auprès des autorités maltaises », s’est-il défendu dans le courrier. Cette collaboration « a cessé à (sa) demande après le résultat des élections européennes en France », poursuit-il, assurant avoir remis des preuves de ses affirmations.

« Pour qui travaille réellement votre conseiller ? »

Après son embauche au cabinet du Premier ministre le 1er août, l’Italien avait réalisé ses « obligations déclaratives en tant que conseiller ministériel auprès de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique » (HATVP), assure-t-il dans sa lettre.

Il ajoute qu’il a ensuite effectué « un complément déclaratif après avoir réalisé que la législation française exigeait la déclaration non seulement des activités publiques mais également des activités professionnelles privées ».

Promettant que « ses activités professionnelles n’ont jamais été dissimulées », M. Gozi assure « que la HATVP n’a pas encore rendu de résultat conclusif de l’examen de sa déclaration ».

Mardi, lors de la séance des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, le député LR Pierre-Henri Dumont avait sommé le Premier ministre de répondre à cette question : « Pour qui travaille réellement votre conseiller? ».

« Explications »

« M. Gozi a été invité (lundi) par le directeur du cabinet du Premier ministre à produire des explications », avait répondu Édouard Philippe. « Le chef du gouvernement exige (de ceux qui travaillent au gouvernement) une parfaite probité et le respect de toutes les règles qui s’imposent à tous ceux qui ont l’honneur de servir la France », avait-il ajouté.

Sandro Gozi avait confirmé lors de son embauche « que son emploi de cabinet à Matignon était exclusif de toute autre activité professionnelle, a fortiori pour un autre gouvernement », avait assuré mardi Matignon.