La Turquie accuse les forces kurdes de 14 attaques, tandis que les combattants kurdes assure que l’armée turque l’empêche de se retirer.

Les forces kurdes et Ankara se sont mutuellement accusées samedi de violer une trêve dans le nord-est de la Syrie. Le président turc a notamment menacé d' »écraser les têtes » des combattants kurdes », à trois jours de l’expiration du délai pour leur retrait.

Annoncé jeudi, l’accord de trêve négocié par Washington implique un retrait des forces kurdes d’une région frontalière de la Turquie, en échange de l’arrêt de l’offensive turque lancée contre elles le 9 octobre.

Le retrait des combattants empêché?

En quelques jours, les forces turques et leurs supplétifs syriens ont conquis une bande frontalière de près de 120 km, allant de la ville de Tal Abyad à Ras al-Aïn, ville où les forces kurdes opposaient cette semaine une farouche résistance avant l’annonce de la trêve. Des centaines de personnes ont été tuées et 300.000 autres ont été déplacées depuis le 9 octobre selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Mazloum Abdi, le commandant des Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance dominée par les Kurdes, a accusé samedi la Turquie de saboter l’accord en empêchant le retrait des combattants de la ville assiégée de Ras al-Aïn.

L’accord stipule en effet « l’ouverture d’un couloir sous le parrainage des États-Unis », a-t-il affirmé, dans un entretien avec l’AFP. Mais les « Turcs entravent le retrait du secteur de Ras al-Aïn, empêchant la sortie de nos forces, des blessés et des civils », a-t-il ajouté.

Il a assuré que les FDS étaient engagées à se retirer, comme le stipule selon eux l’accord, d’une zone frontalière de 120 km de longueur entre Ras al-Aïn et Tal Abyad – région à majorité arabe -, dès que les Turcs les laisseront sortir de Ras al-Aïn.

« Les forces armées turques respectent totalement l’accord »

Ankara a aussitôt démenti avoir bloqué le retrait des forces kurdes, s’insurgeant contre de « fausses informations pour saboter l’accord turco-américain ». La Turquie a en outre appelé Washington à user de son « influence » auprès des forces kurdes pour qu’elles effectuent leur retrait « sans incidents ».

« Dès que le délai de 120 heures expire, nous reprendrons là où nous nous étions arrêtés et continuerons à écraser les têtes des terroristes », a déclaré le président turc Recep Tayip Erdogan dans un discours, en référence aux forces kurdes des Unités de protection du peuple (YPG), principale composante des FDS et considérées comme « terroristes » par Ankara.

La Turquie a accusé les forces kurdes de violer la trêve, avec « 14 attaques » menées « dans les dernières 36 heures ». « Les forces armées turques respectent totalement l’accord », a assuré le ministère turc de la Défense dans un communiqué.